Challenge Nation Indienne ∴ point d’étape

par Electra
Challenge Nation Indienne ∴ point d’étape

Je continue mon challenge #nationindienne et je ne cesse de découvrir de nouveaux auteurs ! C’est la meilleure nouvelle. La mauvaise ? La lenteur des éditeurs français pour les traduire. Mais fort heureusement, certains, comme Albin Michel continuent, avec Terres d’Amérique, de leur donner la parole.

Certains succès comme There There de Tommy Orange ou The Marrow Thieves (Les pilleurs de rêve) ont mis en avant les auteurs autochtones. Du coup, j’ai vu passer sur Twitter des demandes de maison d’édition américaines cherchant à publier des auteurs indiens et ce tweet a eu un énormément de succès. Les autochtones ont trouvé une autre voix pour s’exprimer. Pour ma part, j’ai noté l’augmentation significative des romans nés de l’imaginaire indien dans les rayons des librairies américaines ou canadiennes. La jeunesse indienne a décidé de faire entendre sa voix et de coudre le tordre à ces satanés préjugés, en choisissant l’écriture.

Comme Tommy Orange qui en a marre d’être pris pour un Mexicain parce qu’il a la peau sombre et vit en Californie. Et oui, les Indiens* existent toujours. Ils se sont fondus dans la population. Seule une partie a choisi de continuer de vivre dans des réserves. Ils revêtent parfois leurs tenues traditionnelles mais ce n’est pas leur habit de tous les jours. Ils conduisent des pick-up, boivent de la bière et regardent le foot. Mais ils ont toujours en eux un formidable secret : leur culture. Magnifique.

Je ne cesse de rapporter des livres de mes voyages et je vous en parle, j’aimerais pouvoir les traduire afin d’en faire profiter le maximum. Mais on peut trouver déjà beaucoup de livres en français, grâce à Albin Michel, entre autres. Des auteurs “installés”, reconnus comme Louise Erdrich, Joseph Boyden, Sherman Alexie ou Thomas King. J’ai aussi déniché pas mal de livres dans les vieilles collections 10-18. Il faut faire un peu de recherches, et je vous conseille aussi nos bonnes vieilles bibliothèques qui regorgent de petites merveilles qui ne sont plus publiées.

J’ai découvert que beaucoup d’auteurs canadiens anglophones commencent tout juste à être traduits en français alors que le Canada possède une région francophone ! Le Caribou s’en est rendu compte en voyant tous mes achats de livres canadiens et en cherchant une traduction. Mais la question indienne reste très problématique au Canada (un dernier rapport a encore mis la poudre aux feux tout récemment). On peut néanmoins rester positif avec la première place occupée depuis des semaines au classement par le roman de Cherie Dimaline (Les pilleurs de rêves/ The Marrow Thieves). Ils commencent à traduire certains auteurs célèbres comme Lee Maracle.  Certains sont traduits mais uniquement par des maisons québécoises donc encore difficiles d’accès pour nous ou alors uniquement au format électronique (je pense à la formidable Katherena Vermette avec son roman The Break).

Difficile de ne pas mentionner Richard Wagamese que j’ai découvert avec Les étoiles s’éteignent à l’aube qui écrivait magnifiquement et dont je viens de lire un de ses essais, sublime. Un de ses derniers romans a été de nouveau traduit par les éditions Zoé et sera une de mes lectures de la future rentrée littéraire !

Même si je n’ai pas lu autant de livres que je le souhaitais, j’ai continué à accumuler de nouveaux livres et surtout j’ai découvert de nouveaux auteurs et je suis persuadée qu’en en parlant autour de nous, les maisons d’éditions françaises finiront par s’y intéresser. La période actuelle est difficile pour eux et ils demeurent les minorités les plus pauvres du continent nord-américain.

J’aime leurs histoires, modernes, où leur culture est vivante, sans être nostalgique – j’ai ainsi adoré le polar de Marcie R.Rendon qui montre une jeune femme déterminée malgré le racisme ambiant à faire éclater la vérité.  Sherman Alexie avait laissé éclater sa colère dans Indian Killer mais sait aussi me faire rire dans ses essais comme Danses de Guerre et m’émouvoir avec Flight.  Et je ne peux pas ne pas citer Là-haut vers le Nord, le recueil de nouvelles de Joseph Boyden qui est magnifique. Ce dernier a fait l’objet d’une sale campagne raciste l’an dernier mettant en doute ses origines indiennes. Soutenu par ses amis et ses proches, il a préféré se taire. Par curiosité, il a fait une recherche généalogique et a appris non seulement qu’il était d’origine Ojibwé, Cree mais également d’autres tribus. Bref, encore plus indien qu’il ne le le pensait. L’est-il moins parce qu’il ne l’est pas à 100%  ? Dave Treuer devrait-il être inquiété parce que son père est Autrichien ? Moins sans doute car il a grandi dans un réserve, du coup, même s’il est plus Blanc que moi (je l’ai rencontré), personne ne vient le chercher. Je vous conseille son formidable essai,  Indians Roads, sur la Nation Indienne, son histoire, les cent dernières années, avec le non-respect des traités, la situation économique désastreuse, la guerre des casinos.

Pour ceux qui aiment les essais, même si elle n’est pas d’origine indienne, les deux essais d’Emmanuelle Walter sur la question autochtone au Canada sont passionnants (surtout Soeurs volées sur les meurtres des jeunes femmes indiennes) et je pense aussi à Naomi Fontaine qui écrit sur la jeunesse des territoires du Nord Canadien (Kuessipan et Manikanetish). Et pour les amoureux des polars, le personnage d’Henry Standing Bear dans les romans de Craig Johnson vous fait découvrir sa culture (ici le Montana et le Wyoming).

Bref, il y a de quoi faire ! A la rentrée, ne loupez la parution française du roman de Tommy Orange et d’un des derniers romans de Richard Wagamese.

Si vous êtes en manque d’inspiration, regardez ma page Nation Indienne (soit en cliquant directement sur le nom pour avoir tous les livres ou en cliquant sur l’une des chroniques), allez sur les blogs de Hop Sous La Couette, Chinouk (Les passions de C.) ou Luparju, qui lisent aussi des romans indiens.

Pour participer au challenge, il suffit de lire un de ces auteurs et d’ajouter le hashtag sur IG #nationindienne ou l’image suivante sur votre blog.

 

*Enfin, dans mon premier article sur le challenge, j’explique pourquoi j’utilise l’adjectif “indien” si vous êtes curieux !

10 commentaires
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Et pourquoi pas

10 commentaires

Marie-Claude 9 juillet 2019 - 4 h 17 min

MERCI! Il est trop bien, ton bilan. Et tellement inspirant/alléchant.
C’est drôle (et frustrant) que tu déniches tant de titres au Québec, que tu les lises en anglais et que moi, je trépigne en attendant les traductions. Heureusement, elles arrivent de plus en plus. Mais c’est lonnnngggg.
Vivement notre prochaine virée pour de nouvelles découvertes!
«coudre le tordre»? Qu’est-cé ça?

Electra 9 juillet 2019 - 19 h 41 min

De rien ! Oui, ça m’a jamais vraiment étonné de trouver autant de titres canadiens et de voir qu’ils ne sont pas traduits mais avec Pilleurs de rêves je pense que ça va changer ! Oui , trop hâte de refaire le tour des librairies !! MDR je voulais dire tordre le cou LOL

Autist Reading 9 juillet 2019 - 11 h 49 min

Dis donc, si je te prends au mot, tu te sens d’attaque pour traduire ? Le soumettre ensuite à un éditeur… ou, soyons fous, monter une maison d’édition spécialisée textes autochtones ?…. Je rêve, je rêve, mais àa me plairait bien cette histoire 🙂

Electra 9 juillet 2019 - 19 h 42 min

ah oui, ça serait génial ! Je tanne certaines maisons françaises, pour deux romans, dont l’un est un vrai phénomène mais non .. du coup, à réfléchir 🙂

Autist Reading 10 juillet 2019 - 13 h 56 min

si jamais tu te lances… je ne suis pas très loin 🙂

Electra 12 juillet 2019 - 12 h 16 min

ne me tente pas trop !

Fanny 9 juillet 2019 - 14 h 06 min

Oh vivement le nouveau Wagamese! Je me suis ENFIN procuré Les étoiles s’éteignent à l’aube!

Electra 9 juillet 2019 - 19 h 42 min

Oui ! super ! j’espère que tu vas aimer, oh mais non, je sais déjà que tu vas aimer !

Mes échappées livresques 15 juillet 2019 - 10 h 27 min

J’ai enfin lu Wagamese avec Jeu blanc que j’ai adoré! J’attends aussi son prochain roman et il faut que je me procure Les étoiles s’éteignent à l’aube! Quant à Sœurs volées acheté grâce à toi, il faut vraiment que je le sorte de ma pal!

Electra 31 juillet 2019 - 18 h 52 min

merci ! Wagamese écrit magnifiquement bien, j’espère que la maison d”édition va tout traduire car ses essais sont magnifiques. Je dois encore lire Jeu Blanc, tu le crois ça ? Oui, il faut sortir Soeurs volées de ta pal !

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