Ils me font de l’œil … Rentrée littéraire 2019

par Electra
Ils me font de l’œil … Rentrée littéraire 2019

Je n’avais pas fait de repérage approfondi avant les vacances, puis le Caribou m’a montré les siens (elle vient de publier son billet) – je lui ai modifié sa liste (malgré moi…) et j’ai enfin noté quelques titres !

Il faut dire qu’à force de lire les livres dès leur sortie en anglais, je note que la rentrée littéraire est souvent la traduction de romans que j’ai déjà lus, mais du coup je pose mon regard vers des auteurs non anglophones ! Du coup, je vous présente vite fait ceux que j’ai déjà lus (avec le lien vers mes chroniques) Je suis ravie qu’ils sortent enfin en français et ensuite je vous montre mes envies !

ILS SONT ENFIN TRADUITS

Ali Smith avec son quartet saisonnier est enfin traduite ! Automne sort chez Grasset le 4 septembre. J’ai dévoré les trois tomes – il ne manque que l’été …  Je vous ai également tanné avec le premier roman de Tommy Orange (There There), le voici enfin traduit chez Albin Michel sous le titre Ici n’est plus ici et en librairie dès le 21 août !

Les Editions du Sous-Sol publient dès le 14 août en français l’essai de Maggie Nelson Bleuets et son obsession de la couleur bleue.  Un souvenir fort de lecture qui m’a conforté dans l’idée de tout lire de cette auteure. A la même date, les éditions du Seuil publient Lanny de Max Porter – je publierai mon billet à la même date – Patience mais si vous avez aimé son premier roman, il vous faut celui-ci ! Enfin, les éditions Zoé publient Starlight de Richard Wagamese, mon billet sera en ligne la veille ou le jour-même.

 

ILS ME FONT DE L’ŒIL

Forcément, je commence par un recueil de nouvelles ! Si vous connaissez d’autres publications de recueil de nouvelles, je suis preneuse.

Un adolescent cherche par tous les moyens à se prouver qu’il est devenu un homme, quitte à mettre en danger son petit frère influençable ; le temps d’une excursion  avec le centre aéré, un gamin des quartiers pauvres découvre la réalité des classes sociales ; à l’occasion d’un stage de capoeira, deux frères tentent de renouer et d’oublier la violence de leur passé familial …Ces nouvelles saisissantes, qui ont pour décor le Bronx et Brooklyn, marquent l’arrivée d’une voix singulière sur la scène littéraire.

Avec justesse et émotion, Jamel Brinkley met en scène des êtres aux prises avec une société définie par la couleur de peau, le sexe et l’argent, où la chance n’est bien souvent qu’illusion. Un premier livre fulgurant qui explore  avec tendresse la vulnérabilité masculine dans une Amérique toujours fracturée par la question raciale.

J’ai déjà lu et adoré trois romans de Lori Roy aussi j’étais ravie de voir que la quatrième va enfin paraître ! Je vous conseille vivement ses autres écrits et Bent Road, le premier est un merveilleux hors d’oeuvre ! 

couverture roman lori royLorsque, à la fin du lycée, Lane Fielding a fui Waddell, sa ville natale au fin fond de la Floride, pour l’anonymat de New York, elle s’est juré de ne jamais y revenir. Pourtant, vingt ans plus tard, fraîchement divorcée et mère de deux filles, elle se retrouve contrainte de retourner vivre chez ses parents, sur la plantation historique de la famille. Un lieu hanté par le passé et les crimes sinistres de son père, ancien directeur d’une maison de correction.
La disparition de sa fille aînée vient confirmer la malédiction qui pèse sur cette ville. D’autant que dix jours plus tard, une étudiante se volatilise à son tour. Lane, désespérée, entreprend alors de faire tomber les masques autour d’elle pour découvrir si quelqu’un n’a pas enlevé sa fille afin de se venger des crimes de son père. Sous les eaux noires questionne la solidité des liens familiaux et le danger des sombres rumeurs qui peuvent courir dans une petite ville de province… tout en montrant qu’il n’y a parfois pas de pire endroit que le foyer parental.

À quatorze ans, Jesse Pelham vient de perdre son père à la suite d’une chute mortelle dans le vaste domaine de Géorgie qui appartient à sa famille depuis des générations. Accablé, il va errer dans les bois et se rend sur les lieux du drame. Là, il fait la rencontre de Billy, un vagabond affamé traqué depuis des années par le FBI. Une troublante amitié naît alors entre cet homme au passé meurtrier et le jeune garçon solitaire. Mais lorsque Billy révèle à Jesse les circonstances louches de l’accident dont il a été le témoin, le monde du garçon s’effondre une deuxième fois. Désormais, tous ceux qui l’entourent sont des suspects à commencer par sa belle-mère et son oncle, un prêcheur cynique et charismatique. Alors que le piège se referme, Jesse se tourne vers Billy. Transpirant la moiteur du Sud de Géorgie, Les Mangeurs d’argile, le nouveau roman de Peter Farris est une histoire de manipulations, de confiance trahie, d’amours coupables et d’amitiés dangereuses.

Après ma rencontre avec les auteurs en juin dernier, la question ne s’est pas posée pour ces trois romans : 

Les malédictions ont la vie dure. Depuis que Kintu, gouverneur d’une lointaine province du royaume du Buganda, a tué accidentellement son fils adoptif d’une malheureuse gifle, en 1750, un sort est lancé sur tous ses descendants, les vouant à la folie, à la mort violente, au suicide. Et en effet, trois siècles plus tard, les descendants de Kintu semblent abonnés au tragique : Suubi harcelée par sa sœur jumelle qu’elle n’a jamais connue, Kanani, le ” réveillé ” évangéliste, fanatique mais lubrique, Isaac Newton, torturé par l’idée d’avoir transmis le sida à sa femme et à son fils.

Et enfin, Miisi, le patriarche, l’intellectuel éduqué à l’étranger, harcelé par des visions et des rêves où s’invitent l’enfance, les esprits, l’histoire du clan et de la nation toute entière. Un par un, ils sont appelés par les anciens du clan, dans une forêt aux confins de l’Ouganda, dans une ultime tentative de conjurer le sort.

Dans le ghetto de Lodz, Chaïm Rumkowski est une autre figure du diable. Lui, l’autoproclamé Roi des Juifs qui prétendait sauver son peuple, a transformé le ghetto en un vaste atelier industriel au service du Reich. Il parade en calèche et costume trois pièces, en appelle à ” la bonne volonté ” des familles, et frappe monnaie et timbres à son effigie. Face à ce pantin des exigences nazies, dans les caves, les greniers, sourdent les imprimeries et les radios clandestines, les photographes détournent la pellicule du service d’identification, les enfants soustraits aux convois hebdomadaires se dérobent derrière les doubles cloisons… Et parmi eux Alter, un gamin de douze ans, qui dans sa quête obstinée pour la vie refuse de porter l’étoile. Avec la vivacité d’un chat, il se faufile dans les moindres recoins du ghetto, jusqu’aux coulisses du théâtre de marionnettes de maître Azoï, où il trouve refuge… Avec Un monstre et un chaos , Hubert Haddad fait resurgir tout un monde anéanti, où la vie artistique intense du ghetto vibre des refrains yiddish beaux comme un chant de résistance éperdu, un chaos, plein de bruit et de fureur, où perce la lumière. Et c’est un prodige.

La trentaine un peu cabossée, Li Jiaqi et Cheng Gong se retrouvent après des années sans nouvelles. Elle rentre de Pékin où elle était rédactrice de mode ; lui habite encore avec sa tante sur le campus de la Faculté de médecine. C’est là que tout a commencé. Parce que leurs grands-pères – l’un éminent chirurgien, l’autre directeur adjoint de l’hôpital universitaire – s’y sont côtoyés aux heures les plus sombres de la Révolution culturelle… En une fresque incroyablement vivante, peuplée de souvenirs d’enfance, de conflits familiaux et de révélations, ils se racontent leurs vies parallèles et avancent une à une les pièces manquantes du drame.

Zhang Yueran explore comme en apnée la vie de ces générations heurtées dans un roman unique, ultrasensible et très contemporain.

Alors que les États-Unis sont frappés par la Grande Dépression, Florence Fein, à seulement 24 ans, quitte Brooklyn pour une ville industrielle de l’Oural, dans la toute jeune URSS. Elle n’y trouvera pas ce qu’elle espérait : un idéal d’indépendance et de liberté. Comme de nombreux Refuzniks, son fils Julian, une fois adulte, émigre aux États-Unis. Des années plus tard, en apprenant l’ouverture des archives du KGB, il revient en Russie et découvre les zones d’ombre de la vie de sa mère. Entremêlant époques et lieux, ce premier roman magistral de Sana Krasikov nous plonge au cœur de l’affrontement Est-Ouest en explorant, à travers le destin de trois générations d’une famille juive, l’histoire méconnue de milliers d’Américains abandonnés par leur pays en pleine terreur stalinienne, et les conséquences de nos choix individuels sur la vie de nos enfants.

J’étais curieuse de dévouvrir Rosa Montero et je me lance, même s’il s’agit du troisième volet – oui je prends des risques (et quelle belle couverture) !

Madrid 2110. Lorsque le commissaire Lizard disparaît, la réplicante Bruna Husky, détective privée, se lance éperdument à sa recherche. Elle découvre à la télévision qu’il est l’un des treize otages qui seront exécutés, un par un, par des terroristes très jeunes et dont les revendications sont bien accueillies pas ceux qui souffrent dans un monde où l’air et l’eau doivent s’acheter. Bruna, qui compte de façon obsessionnelle le nombre de jours qui la séparent de son obsolescence programmée de réplicante, se met à compter aussi le nombre de jours avant que Lizard soit décapité.
Dans ce troisième volet des aventures de Bruna Husky, son personnage le plus proche et le plus intime, Rosa Montero construit avec virtuosité un univers bigarré, insolite et familier, elle provoque les émotions du lecteur, le secoue tout en l’amenant à réfléchir sur notre présent comme prémices du monde qu’elle nous décrit.

J’avais hâte de retrouver Tessa Hadley, une auteure britannique qui me fait aimer les histoires de couples… (en cours de lecture)

Alexandr et Christine, Lydia et Zachary partagent une amitié très intime depuis leur rencontre alors qu’ils avaient 20 ans. Trente ans plus tard, Alex et Christine reçoivent un appel bouleversé de Lydia : Zach est mort. Ce décès les touche profondément : tous s’accordent pour dire que Zach était le plus sain et le plus gentil d’entre eux, celui qu’ils ne pouvaient se permettre de perdre. Plutôt que de les rapprocher, la perte de Zach déforme leur relation, faisant remonter à la surface les enchevêtrements passés, les griefs tus. Ce qui aurait pu les réunir se transforme alors en colère et amertume. Occasions tardives explore les entrelacs des relations les plus intimes. Sous la surface des arrangements et compromis de l’existence reposent d’autres configurations, différentes, insondables, qui, bien que semblant appartenir au passé, demeurent la trame essentielle des amitiés et des amours unissant ces quatre protagonistes. Et quand un fil rompt, tout se détricote, la trame réaffirme sa présence.

À la suite d’une rupture, Clara, une jeune mécanicienne de Californie, cherche à se débarrasser d’un encombrant piano : elle n’a jamais réussi à en jouer mais elle le garde en souvenir de son père qui le lui a légué juste avant de mourir. Lorsqu’elle décide impulsivement de s’en séparer et de le vendre, son acquéreur établit un lien avec le piano qui prend Clara au dépourvu. Elle décide alors de se lancer dans une filature qui la conduira jusque dans la Vallée de la Mort, à la découverte d’une femme nommée Katia, et dans la tourmente de l’exil des refuzniks cherchant à fuir l’URSS des années soixante.

Chris Cander signe un roman d’une grande finesse en croisant les destins de deux femmes liées par un même piano. Une véritable ode à la féminité et à la musique.

 

Dans sa ferme de Caroline du Sud, Sarah élève seule un garçon qui n’est pas le sien. Veuve et sans le sou, elle craint de ne pas avoir l’instinct maternel nécessaire. Quand elle apprend qu’un garçon a gagné 680$ à la foire au bétail de 1951 grâce à un bœuf, elle inscrit son fils au concours et se procure un veau. La nuit suivante, à plusieurs kilomètres de là, la mère du veau brise sa clôture de barbelés et parvient à le rejoindre. Sarah décide de garder la vache, la baptise Mama Red et commence à observer les leçons d’amour maternel de l’animal. L’éleveur Luther Dobbins a lui aussi inscrit son fils au concours. Prêt à tout pour gagner, il inculque à son fils des valeurs viriles. N’est-il pourtant pas plus tendre, à l’intérieur ? Et qui se soucie du moment où ces petits garçons seront confrontés au destin ultime de leur animal ? Enhardie par son instinct maternel naissant, Sarah se destine elle aussi à la victoire. Mais sont-ils vraiment prêts à en assumer les conséquences ? Dans un Sud rural des États-Unis peuplé de personnages sensibles, c’est avec grâce que Bren McClain aborde les questions essentielles du bien-être animal, de l’attachement maternel et de la masculinité.

J’ai vu ce roman (ci-dessous) partout sur la blogosphère anglophone et pourtant quelque chose me retenait de le lire, sa sortie en français va peut-être me faire changer d’avis ! 

couverture lire ottessa mosfeghJeune, belle, riche, fraîchement diplômée de l’université de Columbia, l’héroïne du nouveau roman d’Ottessa Moshfegh décide de tout plaquer pour entamer une longue hibernation en s’assommant de somnifères. Tandis que l’on passe de l’hilarité au rire jaune en découvrant les tribulations de cette Oblomov de la génération Y qui somnole d’un bout à l’autre du récit, la romancière s’attaque aux travers de son temps avec une lucidité implacable, et à sa manière, méchamment drôle.

«J’avais commencé à hiberner tant bien que mal à la mi-juin de l’an 2000. J’avais vingt-six ans… J’ai pris des cachets à haute dose et je dormais jour et nuit, avec des pauses de deux à trois heures. Je trouvais ça bien. Je faisais enfin quelque chose qui comptait vraiment. Le sommeil me semblait productif. Quelque chose était en train de se mettre en place. En mon for intérieur, je savais – c’était peut-être la seule chose que mon for intérieur ait sue à l’époque – qu’une fois que j’aurais assez dormi, j’irais bien. Je serais renouvelée, ressuscitée… Ma vie passée ne serait qu’un rêve, et je pourrais sans regret repartir de zéro, renforcée par la béatitude et la sérénité que j’aurais accumulées pendant mon année de repos et de détente.»

Voilà, et vous votre rentrée, des retrouvailles et/ou des découvertes ? Des idées qui pourraient me plaire ? 

12 commentaires
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Et pourquoi pas

12 commentaires

Vona 9 août 2019 - 7 h 52 min

On a donc en commun Mon année de repos et de détente (rien que le titre m’attire). Et grâce à ta sélection je découvre Automne, qui me tente bien. Je découvre aussi la nouvelle parution de Rosa Montero, mais j’ai du retard à rattraper avant de plonger dans ce 3e opus…

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Electra 9 août 2019 - 9 h 22 min

oui ! ce livre a fait tant de bruit – le choix de ne faire que dormir …. mais c’est surtout une réflexion sur la société actuelle donc à voir ! ah Ali Smith, j’adore ! J’en ai lu 3 – j’avais adoré Automne, du coup j’hésite à le relire ! Pour Rosa Montero, peut-être devrais-je lire les deux autres opus ? est-ce important ?

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Kathel 9 août 2019 - 8 h 28 min

Il y a des idées et des repérages que tu confirmes par ton billet (Sana Krasikov, Ali Smith, Hubert Haddad) d’autres que je découvre aujourd’hui et d’autres encore pour lesquels je suis plus sur la réserve… on verra ! 😉

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Electra 9 août 2019 - 9 h 23 min

oui! on en a quelques uns en commun, pour certains je vais attendre vos avis avant de me lancer, pour d’autres – mes auteurs chouchous, j’ai moins d’hésitation !

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keisha 9 août 2019 - 10 h 06 min

Choc, chez toi d’autres idées que les éternels auteurs français! ^_^ Montero, j’espère que tu aimeras. J’attends tes billets, tout dépend de ce que mes biblis décideront de présenter (j’ai à lire pour plusieurs années, alors;;;)

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Electra 9 août 2019 - 10 h 16 min

ah oui ! les Français chez moi n’ont pas la côte 😉 J’espère aimer Montero, tout le monde en parle … oui, les billets arriveront (ma bibli est assez rapide aussi … )

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Eva 9 août 2019 - 10 h 14 min

on a en commun les deux Terres d’Amérique ! je note le Hubert Haddad, un auteur que je n’ai pas encore lu mais qui me tente depuis longtemps…
Pour Rosa Montero, j’avais beaucoup aimé L’idée ridicule de ne plus jamais te revoir!

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Electra 9 août 2019 - 10 h 18 min

Oui, les deux TA sont prometteurs ! et Hubert était tellement gentil et drôle et puis l’histoire du ghetto, j’ai pensé à toi immédiatement, le sujet devrait te plaire. Pareil pour moi, l’occasion de découvrir cet auteur !
pour Montero, j’ai voulu lire ce roman mais j’ai oublié à chaque fois – à voir ! mais mon instinct est plutôt bon sur ce coup-là !

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mingh 9 août 2019 - 12 h 43 min

Je note surtout les “enfin traduits” que je n’ai pas eu le temps de lire en vo. La je lis le super roman de Richard Flanagan “Wanting”. Tu devrais aussi nous emmener sur les terres des auteurs anglophones des antipodes que je suis depuis longtemps. Ils apportent un autre regard, qu’ils soient sud-africains, australiens ou néo-zélandais…
Merci pour toutes ces nouvelles !

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Electra 9 août 2019 - 14 h 11 min

de rien ! oui les traduits sont enfin là ! je vous bassine avec certains depuis si longtemps ! j’ai été en Nouvelle-Zélande avec Carl Nixon, et je sais que je devrais aller un peu plus au Sud – un objectif pour 2020 ?

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Marie-Claude 15 août 2019 - 5 h 41 min

Tu sais TOUT de ma rentrée!
Je reprends mon retard «lectures de billets». Ça bouge vite par ici!

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Electra 15 août 2019 - 14 h 32 min

Oui, ça commence ! il faut dire que la météo est moyenne et après le quinze août, certains sont de retour (le 2 septembre la rentrée scolaire). Oui, je sais TOUT de ta rentrée 😉 et j’ai hâte de connaître ton avis sur certains livres !!! Bon, moi je dois faire un billet achats ? et j’ai mon rendez-vous pour vendre certains livres et je dois aller donner les autres … bref, du boulot et ranger, ranger !!!

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