Toutes blessent, la dernière tue · Karine Giebel

par Electra

J’ai reçu ce livre dans le cadre d’un partenariat. Je n’avais jamais lu Karine Giebel, pourtant j’aime les thrillers. Alors, pourquoi refuser une telle opportunité ?

Je me suis dit que cela sera ma dernière critique de l’année. Mais non, ça ne pourra pas le faire. Pour ceux qui ignorent tout de l’histoire, je vous laisse lire la présentation de l’éditeur :

Maman disait de moi que j’étais un ange.
Un ange tombé du ciel.
Mais les anges qui tombent ne se relèvent jamais…

Tama est une esclave. Elle n’a quasiment connu que la servitude. Prisonnière de bourreaux qui ignorent la pitié, elle sait pourtant rêver, aimer, espérer. Une rencontre va peut-être changer son destin… Gabriel est un homme qui vit à l’écart du monde, avec pour seule compagnie ses démons et ses profondes meurtrissures. Un homme dangereux. Un matin, il découvre une inconnue qui a trouvé refuge chez lui. Une jeune femme blessée et amnésique. Qui est-elle ? D’où vient-elle ?
Ce roman a reçu le Prix Plume d’Or du thriller francophone, le Prix Ėvasion, le Prix du Book d’or thriller du Prix Bookenstock et le Prix de l’Ėvêch

Et il remporte haut la main les critiques positives sur tous les sites où je suis allée…. et….. ce n’est vraiment pas pour moi ! Pas ma came du tout, j’avoue que je ne sais pas comment rédiger ce billet. Sans queue, ni tête. J’ai lu le premier paragraphe et j’ai comme deviné tout le reste de l’histoire. Même si le sujet est grave, l’esclavage moderne, qui existe ici en France (encore un cas cette semaine dans le centre), impossible de m’attacher à l’enfant, à Tama. Le style ne me parle pas. Et le deuxième chapitre, présentant l’homme des bois, Gabriel fut le coup de grâce. Là, non. C’est trop. Moi qui aime lorsque l’auteur laisse assez de liberté à ses lecteurs, ici tout est dit. Pas de place à l’imagination. L’auteur ne laisse pas la place à l’imagination, ou plutôt n’amène pas son lecteur à ressentir les émotions des personnages, ni leurs actions. Elle décrit tout, minutieusement. Je sais que des lecteurs aiment cela, être guidés pas à pas. Moi, c’est tout l’inverse. Je préfère, au travers de phrases courtes et simples, deviner. Je vous cite des exemples plus bas.

Bref, j’ai continué à lire, comme je le fais à chaque fois, puis j’ai carrément sauté deux cent pages et lu un autre chapitre, et j’avais bon ! J’avais déjà deviné la suite. J’avoue l’histoire de cet homme qui vit reclus, et de cette jeune esclave prête à tout pour retrouver sa liberté, enfant enlevé à sa famille, maltraitée, sauvée pour être de nouveau prisonnière est si ..commune ? On dirait un film de catégorie B avec Steven Seagal dans le rôle principal. Je sens que je suis dure car ce livre remporte tous les suffrages et donc je pense être simplement totalement imperméable à ce style et à ce genre d’histoire.  Je vous cite les deux extraits qui ont suffi à me dire que ce livre n’était pas pour moi :

Mais Gabriel avait choisi de venir ici, là où plus personne ne voulait vivre. Dans un endroit que tout le monde avait fui.

Maintenant en relisant cette phrase, elle ne m’aurait pas paru aussi saugrenue si l’auteure avait évité de raconter en détail le chemin emprunté par Gabriel pour rentrer chez lui. On comprend de suite que l’endroit est au fin fond de la cambrousse, elle insiste tellement. Pourquoi ne pas se contenter de cette phrase ? Non, on le suit dans sa voiture emprunter ces chemins tortueux pour accéder à ce hameau dont il est seul propriétaire.

Et puis, sur la même page, cette phrase, qui là m’a définitivement perdue. Nous sommes page 13 du roman, et j’ai ce personnage devant moi :

Ces lieux semblaient avoir été façonnés pour lui , les hommes tels que lui. Ceux qui veulent oublier ou se faire oublier. Ceux qui veulent purifier leur âme, souffrir en paix.

Bon là, on quitte Steven pour Rambo… et pourquoi ajouter “les hommes tels que lui”, le début de la phrase se suffisait à lui-même. Le lecteur peut faire lui-même cette déduction. Voilà, le terme que je cherchais : déduire. Pour moi, la lecture est un jeu de déduction. Enfin, la troisième phrase est, non, too much : “purifier leur âme, souffrir en paix”.  Retour direct dans un film de catégorie B. J’avoue, j’ai jugé très vite l’histoire, donc j’ai préféré aller lire d’autres chapitres plus loin. Si je trouve, d’après le peu que j’ai lu, que les chapitres consacrés à la jeune femme sont mieux écrits, reste que le style, m’a rendu totalement hermétique à son sort. Et puis l’histoire de l’amnésie, non … ça ne passe ! Le mélodrame puissance 10. Et encore un truc à l’américaine. Bref, c’est mon premier gros échec avec une opération de partenariat, et une grosse déception.

Une vraie désillusion, vu les critiques qui encensent ce livre, je pense que le livre est un excellent page-turner, tous ceux qui l’ont lu ont été happés par l’histoire et ont dévoré les 800 pages. L’esclavage domestique est un sujet malheureusement connu, car pratiqué encore dans les pays du Golfe, mais il se passe aussi ici en France et ce livre a le mérite de l’aborder. Mais il n’est pas fait pour moi. Le style m’a totalement rebuté. Mais je veux le prêter à des amis fans de thrillers, car j’aimerais bien entendre leurs avis. Et vous, l’avez-vous lu ? Connaissez-vous l’auteur ? Vous est-il aussi arrivé de passer totalement à côté d’un livre ?

Je ne le note pas, car je n’ai pas suffisamment lu de pages (environ une centaine disséminées sur plusieurs chapitres).  Je le considère plus comme un abandon (même si j’ai lu la fin….).

Editions Pocket, 2019, 800 pages

 

Photo by Orlova Maria on Unsplash

15 commentaires
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Et pourquoi pas

15 commentaires

Fanny 28 décembre 2019 - 17 h 28 min

«Steven pour Rambo» 😁😁😁
Antigone n’a pas aimé non plus..
Ce n’est pas du tout ma came, je passe sans problème.

Electra 28 décembre 2019 - 21 h 11 min

j’étais curieuse, vu les excellentes critiques (sur Babelio, le livre a 5 étoiles) mais comme toi : ce n’est pas ma cam. Mais ça l’est pour beaucoup de personnes, je n’en fais, hélas pas partie.

Fanny 30 décembre 2019 - 9 h 14 min

Il plaira à quelqu’un d’autre, tu as raison.

Electra 30 décembre 2019 - 10 h 29 min

Oui, il plaît énormément, il n’a pas eu besoin de mon soutien !

Fabienne 28 décembre 2019 - 19 h 06 min

Je reviens sur notre discussion polars/thrillers d’il y a une semaine. Voilà une auteure que j’ai abandonné-sans aucun regret!- il y a quelques années, totalement rebutée par le style et le fond (quel fond?). Et pourtant j’ai adoré ses premiers titres! Alors je me demande si c’est mon regard qui a tant changé. Parfois, je me dis que je pourrais relire certains titres juste pour voir et puis, non. Cela ne servirait pas à grand chose…

Electra 28 décembre 2019 - 21 h 14 min

j’avoue que je lis très peu de polars français, pourtant je sais qu’il y a des bons (je pense à Le Corre, Tasha en connaît sûrement beaucoup plus!) – je me contente de Varenne et c’est très bien ! J’étais vraiment curieuse vu son succès, mais comme toi, j’ai tout de suite butée sur le style, le choix de tout décrire comme si le lecteur était incapable de faire 2+2 et puis le fond .. tu as lu ses premiers titres, intéressant ! J’ai du lire un ou deux titres de Harlan Coben pendant ma période thrillers (dans ma vingtaine) mais depuis il me faut plus ! Je la pensais nettement meilleure que Valentin Musso que j’aivais lu pour le prix du Polar.. bref, je souffre avec les auteurs français !

Fabienne 29 décembre 2019 - 14 h 46 min

C’est avec les auteurs français justement que j’ai de plus en plus de mal… Mais heureusement il y en a quand-même quelques-uns que je continuerai à lire les yeux fermés!

Electra 30 décembre 2019 - 10 h 29 min

j’ai rarement lu les polars d’auteurs français et à part Varenne, j’ai toujours été déçu mais il y en a des bons, je tombe malheureusement souvent sur les autres !

Nelfe 28 décembre 2019 - 23 h 16 min

Ouais je comprends. Comme tu dis c’est un excellent page-turner mais côté qualité d’écriture on est pas dans le même registre que certains auteurs. Je l’ai lu et j’ai aimé mais je pense aussi qu’il faut être dans le bon mood. Il m’arrive de lire des choses “faciles” et parfois plus profondes ou avec une écriture plus particulière. Il faut quand même avouer qu’elle fait partie des auteurs qui sont forts pour nous faire lire un chapitre supplémentaire à la fin du précédent. Je trouve cela déjà très fort.

Electra 29 décembre 2019 - 12 h 38 min

Je n’ai pas vu passer ta chronique, mais je sais que ce livre est numéro 1 et obtient d’excellentes critiques, c’est comme Dicker – je n’ai jamais aimé son style, or il déchaine aussi les passions ! Mais j’avoue que je préfère les polars étrangers comme lecture “facile” – là, j’ai trouvé le style pas particulièrement pauvre, parce que les chapitres mettant en scène la jeune femme sont pas mal mais c’est son besoin de tout décrire comme si le lecteur était “aveugle” ? et puis c’est quand même très caricatural – la fille vengeresse / le mec solitaire cassé .. mais n’empêche je suis contente d’avoir essayer comme ça je n’ai plus de regret ! Je voyais tellement son nom partout.

Marie-Claude 29 décembre 2019 - 2 h 45 min

Un abandon ici? Dont tu parles tout de même? Assez rare pour être souligné!

Electra 29 décembre 2019 - 12 h 35 min

Oui, je pense que je pourrais te l’offrir ! Un vrai cadeau empoisonné – j’en parle tout simplement parce que je l’ai reçu dans le cadre de masse critique et du coup, je tiens toujours à être honnête et à remercier – bon là, l’essai est clairement raté !

keisha 29 décembre 2019 - 16 h 18 min

Jamais lu l’auteur (un instinct souvent assez sûr… ^_^) tant qu’à lire un polar je préfère un truc décalé . je n’aime pas qu’on me ‘prenne par la main’ non plus.

Electra 30 décembre 2019 - 10 h 28 min

l’instinct est parfois trompeur, j’adore Varenne par exemple ! je ne suis pas fan des polars “décalés” je préfère un vrai polar qui laisse le lecteur tout imaginer !

Eva 2 janvier 2020 - 15 h 46 min

Une auteure que je n’ai pas encore découverte… mais ce que tu en dis ne me tente pas! et puis 800 pages…?

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