White Ivy · Susie Yang

par Electra
2 commentaires

Je ne sais pas comment j’ai fait, mais en rédigeant mon article bilan « A mi-course »,  je l’ai totalement oublié. J’ai lu ce roman en mai, j’en ai longtemps échangé avec Le Caribou – bref, j’ai aimé.

Je dois avouer que j’en ai entendu parler sur la chaîne d’une booktubeuse anglaise qui a déclaré que ce livre était son roman préféré pour l’année 2021 (ou 2020). Du coup, j’étais intriguée. J’ai tourné longtemps autour du pot avant de l’acheter en poche. Je réalise en tapant ces mots que je suis de nouveau en compagnie d’un personnage féminin, que l’histoire se passe autour de sa famille et que le roman est écrit par une femme. Décidément !

Ivy Lin vient d’une famille d’immigrants chinois venus en Amérique. Pendant quelques années, les affaires vont bien mais un jour, le commerce de son père périclite et la famille se retrouve sans le sou, obligée de s’installer dans un quartier malfamé de Boston. L’argent manque, Ivy le vit très mal. Fort heureusement, sa mère, plein de ressources, finit par gagner à nouveau de l’argent. Les parents de Lin veulent qu’elle et son frère réussissent. Lin sera médecin. Ou épousera un médecin. Ils décident de l’inscrire dans un lycée privé huppé.  Ivy a du mal à s’intégrer, même si elle se plaît dans ce monde de riches où tout leur est servi sur un plateau.

Ivy a eu une enfance particulière. Ses parents l’ont renvoyé en Chine l’été de ses 13 ans. D’abord chez une tante éloignée, riche, qui lui a offert des tonnes de vêtements de marque puis dans sa famille proche vivant à la limite de la pauvreté. Les deux séjours l’ont profondément marqués. Ivy refuse de manquer de quoique que ce soit, et surprise, c’est sa grand-mère Meifeng, qui les a rejoint à Boston qui va lui enseigner à faire du vol à l’étalage un art.

Mais à l’adolescence, les choses se gâtent. Ivy finit par délaisser l’école, au grand dam de ses parents, ses notes commencent à chuter et elle finit par fréquenter un lycéen qui préfère les drogues au lycée, prénommé Roux. Elle refuse le modèle chinois et décide elle-même de contracter un emprunt pour aller étudier dans une fac très éloignée. Un diplôme de professeur des écoles en poche, elle entame une vie de célibataire. C’est alors qu’elle croise par hasard la route de Gideon Spever. Ivy aimait en secret Gideon au lycée. Ce dernier appartient à une des familles huppées de la Nouvelle-Angleterre. Soudainement, l’opportunité de se frayer un chemin dans la haute société américaine lui apparaît. Va-t-elle la saisir ?

L’histoire est vraiment intéressante et le roman se transforme peu à peu en un thriller. L’écriture m’a plu. Le rythme est maîtrisé. Les personnages ne sont pas des anges, Ivy en premier. Ils sont parfois détestables. L’autrice creuse la question des classes sociales et marque un point. Mon seul bémol qui reste finalement une question sans réponse, fut de me demander si le portrait que fait Susie Yang des parents d’Ivy est une caricature des parents chinois ou asiatiques ? Vous savez, ces parents très stricts, qui veulent que leurs enfants réussissent, les poussent à obtenir les meilleurs notes, choisissent pour eux leur carrière, leurs fréquentations .. J’avais l’impression d’être dans une caricature. Mais j’ai récemment vu le sketch d’un Américain d’origine chinoise qui racontait la même pression. Donc, il y aurait un fond de vérité et on comprend parfaitement l’envie de rebellion de la jeune Ivy.

La fin m’a surprise. Dans le bon sens, même si elle est parfaitement amorale. Un bon moment de lecture.

Le livre a été publié en français sous le titre Ivy aux éditions Calmann-Lévy en 2021.

♥♥♥♥

Editions Wildfire, 2021,356 pages

 

Photo by Linh Koi on Unsplash

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2 commentaires

Athalie 1 août 2022 - 10 h 41 min

Une fin amorale ?! C’est tentant … Mais en même temps, quand on oublie une lecture, c’est assez révélateur …

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Electra 1 août 2022 - 13 h 17 min

oh non ! je vais corriger mon article, j’ai oublié que je l’avais lu quand j’ai fait mon bilan – dans mon bilan, j’expliquais que je n’avais pratiquement rien lu pendant trois mois étant très stressée par le travail avec en prime des soucis de santé. J’ai vraiment aimé cette lecture !

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