The Mill on the Floss · George Eliot

par Electra

Me voilà de retour en Angleterre grâce au challenge Victober ! Je vous présente cette semaine mes lectures. J’ai décidé en tout premier de retrouver la plume de George Eliot que j’avais découvert l’an dernier avec son roman fleuve, Middlemarch. J’ai choisi de lire The Mill on the Floss (le Moulin sur la Floss) tout simplement parce que c’est le roman préféré d’une booktubeuse américaine que j’aime beaucoup.

Je l’avoue de suite : je ne connaissais absolument pas l’histoire de ce roman, ni aucun personnage de nom. Je suis donc entrée dans cette histoire les yeux fermés. Publié en 1860, le roman est un portrait de l’enfance et l’adolescence dans l’Angleterre rurale. George Eliot nous invite à suivre la vie provinciale d’une famille de la classe moyenne de St Ogg, les Tulliver. Le père, propriétaire du moulin et sûr de son bon droit, la mère, Bessy, d’une famille plus aisée Dodson, dont les trois soeurs ont fait de meilleures unions, et les deux enfants, Tom, l’aîné et Maggie. Maggie qui dès son plus jeune âge ne rentre pas dans les codes. Qui en voulant bien faire, provoque sans cesse l’ire et l’incompréhension. Celle à la peau sombre et aux cheveux et yeux si noirs qu’elle ne cesse d’effrayer la famille. La petite fille veut bien faire mais ne cesse de faire des bêtises et causer des ennuis à sa famille.

Son frère, dont le père attend énormément, est confié à un tuteur qui a sous sa charge un autre garçon, Philip Wakem. L’enfant, créatif, est né infirme. Il est bossu. Il ne peut donc se comparer à Tom, qui aime tout ce qui est sportif. Les deux garçons reportent en plus l’animosité que se portent mutuellement leurs pères. Mais lors d’un séjour de Maggie à la pension, Tom se blesse et Philip répond présent. Maggie et lui deviennent immédiatement proches. Maggie n’a pas encore 13 ans mais elle est intriguée par ce jeune homme romantique.  C’est au tour de Maggie de partir au pensionnat avec sa cousine Lucy.

Leur vie bascule le jour où leur père, toujours aussi borné, a décidé de poursuivre en justice Sir Wakem. Tulliver perd le procès et se retrouve soudainement endetté et dépossédé de ses biens. Le moulin est racheté par Wakem et Tulliver en devient uniquement le gestionnaire. La honte frappe si durement Tulliver qu’il en fait une attaque. Les soeurs de Bessy viennent au secours mais se querellent. Mrs Glegg a toujours dit que Tulliver était un mauvais parti et qu’il méritait ce qui lui arrive. Ses autres soeurs sont moins dures et les oncles tentent de sauvegarder l’honneur. Le trousseau de Bessy est racheté par une de ses soeurs et leurs autres biens sont vendus. Les deux enfants sont arrachés à leurs école et doivent désormais travailler. Les temps sont durs. Maggie est devenue une jeune femme sérieuse mais dont le coeur continue de s’enflammer. Elle aime profondément son frère mais celui-ci, porté par un profond désir de vengeance, ne pense qu’au travail. Et lorsque Maggie revoit Philip Wakem, ils doivent se voir en secret car ni son père ni son frère ne pourraient supporter qu’elle fréquente le fils de leur pire ennemi.

Un jour, Maggie, qui accepte dorénavant des postes de gouvernante est invitée à se reposer chez son oncle Deane, veuf depuis peu et sa cousine Lucy qu’elle aime énormément. La jeune Lucy a continué le pensionnat et vit dans l’abondance. Elle est de plus très amoureuse de Stephen Guest, un très bon parti. C’est le choc pour Maggie qui depuis des années compte le moindre sou. Mais elle accepte cette interlude et profite à nouveau de pouvoir jouer au piano et chanter, s’amuser : avoir à nouveau véritablement l’insouciance de son âge. Elle découvre alors que Philip Wakem est le meilleur ami de Stephen. Leur liaison avait été découverte et elle avait du promettre à son frère de ne plus jamais le revoir. Mais son coeur lui dit autre chose. Et chose étrange, il bat dorénavant pour une autre personne…

L’histoire s’emballe et me voilà à lire frénétiquement une centaine de pages à 2 heures du matin. George Eliot me fait toujours le même effet : les cent premières pages me paraissent austères et puis la magie opère, et je suis peu à peu happée par l’histoire et les personnages et je dévore la fin.

La différence dans ce roman est la présence très forte de la narratrice qui se permet de commenter les réactions de Tom et de Maggie, de leur père et de leur mère. Elle donne un avis sur leur éducation, les filles réputées idiotes et dangereuses si trop belles, et les garçons dont on pardonne absolument tout. Les enfants sont élevés dans des règles très strictes et Maggie souffre d’être cantonnée ainsi dans le rôle d’un membre inférieur de la famille. Tom est écrasé par la responsabilité familiale et souffre de ne pas être libre. Chacun le vit différemment. George Eliot juge durement la société et les moeurs de son époque et ne manque pas une occasion d’écorcher les préjugés et de se moquer des “gens biens”. J’ai trouvé cependant parfois sa présence trop marquée (enfin celle du narrateur) et j’avais hâte de retourner au coeur de l’histoire.

Dois-je avouer ma légère déception à la fin? Car je n’avais pas du tout imaginé cette fin. J’avais d’abord espéré une fin romanesque, puis j’ai souri en pensant qu’il s’agissait ici du roman de George Eliot et non de Jane Austen. J’ai ensuite pensé à une fin plus respectueuse des conventions de l’époque. Mais non. Bref, George Eliot n’a pas écrit la fin que j’espérais et je lui en veux un peu. J’avais beaucoup aimé la fin de Middlemarch . Elle offre ici une fin qui satisfait la morale et les moeurs de son époque. J’avoue que je trouve le roman plus daté.

Ainsi, les romans de Jane Austen me font parfois oublier l’époque, ici c’est l’inverse et Maggie Tulliver subit de plein fouet cette réalité. En 2020, sa vie aurait été totalement différente. J’aurais aimé qu’elle aille au bout de promenade en barque. Je n’en dirais pas plus… Et je pense que la majorité aurait préféré l’autre….Je sens que je suis encore dans la minorité !

L’an prochain, je compte la retrouver à nouveau avec Silas Marner, que j’ai déjà dans ma PAL.

♥♥♥♥

Editions Penguin Classics,1985, 695 pages

Et pourquoi pas

7 commentaires

Ingannmic 26 octobre 2020 - 11 h 31 min

J’avais noté qu’il fallait que je lise George Eliot, mais ma récente expérience avec Austen m’a un peu échaudée ! Mais je n’abandonne pas l’idée, je la réserve pour plus tard !! Là je suis partie au Québec depuis quelques titres, pour le mois de Yueyin et Karine.

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Electra 26 octobre 2020 - 19 h 36 min

Oui ! J’avoue que j’ai préféré Middlemarch (plus de 1200 pages) à celui-ci mais j’aime quand même son style et ses personnages ! Bon voyage au Québec du coup ! Je penserai demain à toi en allant à la boutique du Québec acheter du sirop d’érable 🙂

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Fanny 26 octobre 2020 - 11 h 50 min

Bon depuis ton dernier billet sur elle, je ne l’ai toujours pas lue!

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Electra 26 octobre 2020 - 19 h 36 min

Pas de souci ! Elle a écrit pas mal de romans, apparemment pas toujours du même niveau. Tu peux attendre que j’en lise un troisième pour te lancer 😉

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Fanny 26 octobre 2020 - 20 h 42 min

Chiche !

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keisha 26 octobre 2020 - 13 h 29 min

Un bon gros pavé lu en vO, dont je ne connaissais pas grand chose, et comme toi, découverte totale! Oui, la fin… Silas Marner est plus court et plus austère je crois

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Electra 26 octobre 2020 - 19 h 37 min

Oui, une fille sur GR m’a dit qu’elle avait détesté Silas Marner et m’a conseillé un autre, totalement inconnu. Je verrai bien ! J’ai le temps …

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