Les parias · ARNALDUR INDRIÐASON

par Electra
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Retrouvailles avec mon cher et tendre Arnaldur. Les Parias est son cinquième roman avec le personnage de Konrad, le sixième arrivera l’an prochain.  J’avais de retourner en Islande grâce à Arnaldur Indriðason et c’est chose faite. Ce polar se distingue des autres car Konrad arrive enfin à percer le mystère autour de la mort de son père, assassiné dans une ruelle près d’un abattoir.  Un meurtre qui l’obsédait depuis sa jeunesse.

Mais l’histoire ne tourne pas uniquement autour de Konrad. La tempête hivernale bat son plein et Konrad voit plein de fantômes du passé ressurgir, comme son amie médium qui voit à nouveau deux soeurs âgées en tenue ancienne lui apparaître de nouveau. Qui sont-elles ? L’histoire commence lorsque une femme âgée, veuve depuis peu, trouve dans les affaires de son mari un vieux pistolet Luger et l’apporte à la police. Les analyses balistiques révèlent que c’est la même arme qui a tué d’une balle dans la tête un jeune homme de 20 ans dans les années 50, dans un ancien quartier, aujourd’hui entièrement reconstruit. Son assassin n’avait jamais été retrouvé. Lorsque Konrad aperçoit l’arme, il reconnaît celle que son père possédait. Il décide alors d’enquêter sur ce crime, même s’il est désormais à la retraite. Mais son obstination va finir par se retourner contre lui, lorsque l’un de ses témoins va s’en prendre physiquement à la soeur de Konrad.

Konrad va alors nous apparaître dans toute son ambiguïté morale : son passé de policier ne va pas l’empêcher de vouloir rendre justice lui-même et en ouvrant à nouveau la porte du passé, il va ouvrir la boîte de Pandore et laisser s’échapper ses propres erreurs de jeunesse…

Il résout ici plusieurs crimes restés sans réponse dans ses précédents romans, et celui entourant son père – toujours en allant interroger une fois, deux fois, les mêmes protagonistes, les obligeant à se replonger dans un passé qu’ils auraient souvent souhaités oublier. Attention il y a de nouveau des histoires de pédophilie, mais l’auteur aborde aussi le thème de l’homosexualité dans les années 50-60 alors que la société islandaise, très pieuse, condamnait fermement ces actes immoraux. Finira-t-il par vraiment connaître le nom de l’assassin de son père ?

Arnaldur Indriðason revient en force. Cependant, je tiens à préciser qu’ici il faut vraiment avoir lu les quatre romans précédents pour pouvoir comprendre l’intrigue. L’auteur islandais présente ici une facette plus sombre de la société islandaise, où même son principal personnage en prend pour son grade. C’est parfois très sombre mais c’est passionnant du début à la fin. Une excursion en Islande bienvenue avant d’offrir, comme chaque année, ce polar à ma mère. Une tradition que j’aime beaucoup.

♥♥♥♥

Editions Métailié, Kyrrþey , trad. Eric Boury, 2024, 320 pages

Photo de André Filipe sur Unsplash

Et pourquoi pas

14 commentaires

Mingh 20 mars 2024 - 10 h 33 min

Je ne sais plus trop où j’en suis avec Indridason et si j’ai encore du retard à rattraper ! Je note évidemment ta chronique et le nouveau titre. Certaine de ne pas être déçue !

Electra 20 mars 2024 - 18 h 58 min

oui, je comprends ! Moi ça va, je n’ai pas lâché l’affaire (mais je l’ai lâché pour d’autres séries)

Kathel 20 mars 2024 - 13 h 10 min

Ai-je lu tous les précédents avec Konrad ? Deux ou trois, oui, mais plus ? Bref, il faudrait déjà que je rattrape mon retard… 😉 Tu m’y encourages, en tout cas !

Electra 20 mars 2024 - 18 h 59 min

oui , c’est le cinquième donc tu ne dois pas être très loin, mais c’est vrai que celui-ci revient vraiment sur le passé, du coup, il vaut mieux les lire dans l’ordre 🙂

Fanja 20 mars 2024 - 22 h 35 min

Je n’ai pour l’instant lu que deux tomes de la série Erlendur que j’avais trouvé sympas, mais plutôt classiques en termes de polar. Il faudrait que je teste celle avec ce fameux Konrad.

Electra 21 mars 2024 - 7 h 06 min

oui c’est différent, car il est à la retraite – j’avais adoré Erlendur et on a toujours espéré que l’auteur le fasse de nouveau apparaître mais il avait envie de changement. Ici, je pense que Konrad arrive aussi à la fin d’un cycle – à voir l’an prochain quoique il reste encore un volume non traduit mais sorti en 2023

Sunalee 21 mars 2024 - 8 h 37 min

Je pense n’avoir jamais lu d’auteur islandais… Mais est-ce que je vais commencer une nouvelle série ?

Electra 22 mars 2024 - 14 h 36 min

Konrad 5 livres, Erlendur une dizaine … peut-être devrais-tu porter ton choix vers un autre auteur islandais ? Ce sont des amoureux de polar, loin des rues de Bangkok 🙂

Jerome 22 mars 2024 - 10 h 04 min

Comme je n’ai lu que ses deux premiers romans il y a fort longtemps, j’ai bien compris en te lisant que celui-ci ne pourrait pas être le suivant^^

Electra 22 mars 2024 - 14 h 36 min

Oui ! tu as tout compris ! Je le suis depuis 2001… alors non, passe ton chemin 🙂

Marie-Claude Rioux 1 avril 2024 - 18 h 33 min

J’ai renié Indriðason depuis qu’il a abandonné Erlendur!

Electra 1 avril 2024 - 18 h 49 min

Ma mère ne s’en remet pas non plus, elle a lu la suite (je lui offre, pas le choix!) mais je sais qu’Erlendur lui manque, et à moi aussi !

Eva 9 avril 2024 - 15 h 21 min

Je n’ai lu qu’un seul Indridason (Les fils de la poussière) et ne m’en suis pas encore complètement rétablie – j’aurais aimé accrocher avec la série, mais c’était une horrible déception (Je comprends que ce soit douloureux à entendre pour les fans d’Indridason). J’attendrai encore quelques années avant de reprendre la deuxième bouchée 🙂

Electra 9 avril 2024 - 19 h 21 min

pas grave ! mais je crois que tu as mal commencé, honnêtement, Erlendur était sa meilleure série et il faut donc commencer avec le tout premier, qui date de 20 ans, La cité des Jarres, qui a obtenu de nombreux prix. Il a choisi de laisser partir Erlendur et depuis ses romans sont quand même différents, avec une quête de Konrad. Bref, t’inquiète ! Je lis souvent des avis très positifs sur des romans que j’ai pas du tout aimé (genre Elena Ferrante) 🙂

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