Mes achats de livres sont souvent imprévus. Quand je suis retournée à la librairie après mes vacances en Corée, je me suis précipitée sur le dernier livre de Philippe Sands mais mon regard a été attiré par ce court roman. Quelle couverture! En lisant la quatrième C, j’ai su que je devais l’acheter. Et fait amusant, j’avais acheté ses deux autres romans peu de temps auparavant, indépendamment l’un de l’autre et j’ai découvert une fois chez moi, qu’ils étaient tous les trois de la même autrice : TAWADA Yōko. Ce dernier est considéré comme son meilleur livre.Il s’agit pour moi plus d’une novella (96 pages).
Et ce fut une lecture vraiment à part. J’écris ce billet plusieurs mois après l’avoir lu mais je me dois quand même de publier une chronique à son sujet !
Mitsuko est professeur des écoles à Kitamura. Ses méthodes d’enseignement non conventionnelles ont rapidement attiré les regards et la curiosité des parents. Ainsi, elle raconte des histoires étranges aux enfants. La dernière en date est une fable : une princesse dont le mariage est promis à un chien avec qui elle sera intime. Mais le plus surprenant est l’arrivée quelques jours plus tard chez la professeure d’une jeune homme avec des canines bien taillées et qui déclare qu’il s’installe chez elle car il est son « chien ». Leur relation évolue très vite vers une relation romantique et sexuelle, qui va intriguer et perturber la petite communauté plutôt conservatrice.
It’s unusual for a beautiful woman to look that happy. I thought traditional beauties were supposed to be sad and lonely.
Car les habitants se méfient de ce jeune homme mystérieux, sans passé, ni réelle identité. L’autrice s’amuse ici à reprendre une fable et à en tirer une histoire, très « sensuelle » et très éloignée du conte de fées habituel. Je comprends mieux pourquoi ce livre a fait autant de bruit à sa sortie. Je trouve cela particulièrement effronté et moderne, surtout pour la très conservatrice société nippone. Evidemment, elle possède ses Geisha et ses bars de nuit, mais ici, nous sommes en plein jour et il s’agit d’une maîtresse d’école !
L’histoire est vue du point de vue des voisins et des parents et Mitsuko semble très heureuse avec son compagnon, dont le nom Taro, est un nom japonais très courant pour les canidés… J’ai aimé la liberté de ton et la nonchalance des personnages. C’est plutôt amusant et eux semblent trouver tout cela normal, et ce contraste avec les autres habitants est jouissif.
J’ai appris que l’autrice est partie vivre en Allemagne au début de ses études et elle publie régulièrement dans les deux langues. Je suis désormais très curieuse de lire ses deux autres écrits en ma possession. Si vous aimez être surpris, si vous aimez l’originalité, alors ce livre est fait pour vous.
Un ovni littéraire comme je les aime.
♥♥♥
Editions Granta, 犬婿入り, (1993), trad. Margaret Mitsutani, 2024, 96 pages
Photo de Clay Banks sur Unsplash

2 commentaires
ça a l’air intriguant mais je ne suis pas sûre d’être attirée… on verra !
Peut-être un peu trop étrange pour moi. Dans une certaine mesure, ça me rappelle Bunny de Mona Awad