Mansfield Park · Jane Austen

par Electra

Parfois ma mémoire me joue des tours. En préparant cet article, je n’ai cessé d’écrire Northanger Abbey tout en lisant Mansfield Park .. Il me reste en effet encore deux romans de Jane Austen à découvrir.

Après deux lectures mitigées dans le cadre de Victober, même si j’ai bien aimé The Mill on the Floss de George Eliot, j’ai choisi de retourner vers une lecture plus « doudou » et de retrouver les bons mots de Jane Austen. Je n’avais jamais lu le roman mais j’ai vu plusieurs adaptations télévisuelles. J’ai réalisé en lisant le livre, que la fin n’est pas à proprement racontée dans le roman ce qui laisse le champ libre à toutes les versions cinématographiques du roman.

Mais revenons au début. Mansfield Park est le nom de la propriété de Sir Thomas Bertram. Il y vit très confortablement avec son épouse, Lady Bertram, ses deux fils, Thomas et Edmund et ses deux filles, Julia et Maria. Lady Bertram avait fait un très bon mariage, ses deux soeurs furent moins chanceuses. L’une épousa un Révérend, Sir Norris et l’autre fit un choix plus malheureux en épousant le Lieutenant de Marines Price sans réelle éducation. Onze années plus tard, Lady Bertram apprit que sa soeur (la deuxième) était enceinte de son neuvième enfant. Après mûre réflexion, les Bertram proposèrent de prendre chez eux l’aînée des filles Price, Fanny, âgée de 9 ans.

L’enfant, très proche de son frère ainé, William, fut soudainement arrachée de sa famille et placée chez les Bertram. Très vite, elle devint la fille de compagnie de Lady Bertram. Mais reçut une excellente éducation et développa une forte amitié avec Edmund, de cinq ans son aîné. Les années passèrent et les jeunes soeurs Bertram firent leurs sorties officielles. Très vite, elles lièrent amitié avec plusieurs familles, dont celle des Crawford, composée d’un frère, Henry et d’une soeur, Mary, tous deux habitués à la vie de Londres. Le père et son fils aîné durent s’absenter plusieurs mois et laissèrent ainsi Mansfield Park à Lady Bertram et à Edmund.  La soeur de Lady Bertram, Ward Norris étant veuve, elle vint passer beaucoup de temps auprès d’eux. Cette dernière, entremetteuse de première, cherche de beaux partis pour ses nièces. Fanny n’est alors jamais invitée aux sorties et aux bals. Mrs Norris refuse que cette dernière soit considérée comme une Bertram. Mais la jeune fille a bientôt seize ans et commence à attirer le regard.

There will be some difficulties in our way, Mrs Norris (..) and how, without depressing her spirits too far, to make her remember that she is not a Miss Bertram.

Il se passe tant de choses dans ce roman, une pièce de théâtre subitement arrêtée, un mariage, une proposition de mariage, des amours rejetées, plusieurs trahisons..  Pour moi, il s’agit clairement du roman le plus complexe à suivre, tant les personnages sont un temps nombreux. Ils sont jeunes, ambitieux, parfaitement égoïstes. Même Edmund, le plus sage, qui va entrer dans les ordres, cède à la passion. Et pauvre Fanny, elle doit sans cesse subir les remarques acides de sa Tante et lorsqu’elle prend enfin une décision seule, le ciel lui tombe sur la tête …

My dear Miss Price, said Miss Crawford, I am come to make my own apologies for keeping you waiting – but I have nothing in the world to say for myself -(..) you must forgive me. Selfishness must always be forgiven you know, because there is no hope of a cure.

Connaissant l’histoire, j’avais quand même oublié certains passages et évidemment les adaptations ne sont pas à cent pour cent fidèles au roman. Comme je le disais au début, la fin du roman est toujours aussi courte et peu développée. Ainsi en l’espace de quatre pages, une nouvelle histoire naît et le livre s’arrête.  Jane Austen a fait de même dans ses autres romans mais là je la trouve particulièrement courte et j’avoue quand même que je préfère une des scènes du film lorsque le garçon prend enfin conscience de ses sentiments pour Fanny .. La scène est très jolie. Il m’a manqué cela dans le roman.

Sinon, j’aime toujours autant le style de l’auteur, la fluidité de ses mots, son rythme et son regard toujours aussi profond et aiguisé sur la société anglaise de l’époque. J’ai annoté tellement de passages. Austen parle si juste :

There is nothing like employment, active, indispensable employment, for relieving sorrow.

Pour en revenir aux adaptations, j’aurais échangé l’acteur dans l’une d’elles et l’actrice dans l’autre ! Je ne suis donc jamais entièrement satisfaite… 2021 sera l’année de mes retrouvailles avec Jane Austen, Elizabeth Gaskell et qui d’autre ? Au revoir Victober !

♥♥♥♥

Editions Penguin Classics, texte original 1814, 2003, 488 pages

Et pourquoi pas

20 commentaires

mingh 1 novembre 2020 - 16 h 09 min

Je l’ai lu autrefois en vo quand je découvrais Jane Austen. Ce n’est pas mon top, mais j’ai en mémoire l’adaptation tv avec Billie Piper. J’ai de loin préféré « Raison et sentiments » (Sense and sensibility). Evidemment Pride and Prejudice est au-dessus du lot !

Electra 1 novembre 2020 - 16 h 35 min

On se retrouve ! Oui, c’est l’adaptation que j’ai vue le plus souvent. J’aime l’acteur, pas trop l’actrice (un peu trop volubile). Il me reste Raisons et Sentiments à lire l’an prochain !

mingh 2 novembre 2020 - 12 h 46 min

Je peux me tromper mais tu préfèreras Sense and sensibility ! De plus, l’adaptation tv avec Emma Thompson, Alan Rickman, Kate Winslet et Hugh Grant est un « must  » ! J’ ai usé mon dvd !

Electra 2 novembre 2020 - 19 h 11 min

Je l’ai vue il y a fort longtemps, je m’en souviens un peu mais pas trop … du coup, ça sera ma prochaine lecture au prochain Victober !!

Ingannmic 1 novembre 2020 - 18 h 20 min

Ah bon, il s’y passe TOUT CA ?!! Mais à partir de quand ?? Je plaisante (quoique..).. Désolée de t’avoir fait faux bond sur ce coup-là. Si je n’avais pas tenté de le lire, j’aurais noté ce titre à la lecture de ton billet !

Electra 1 novembre 2020 - 19 h 12 min

MDR – oui, il s’en passe plein ! C’est même un peu éprouvant ! mais bon il fallait tenir le choc …. allez on retentera un classique l’an prochain 😉

Sunalee 1 novembre 2020 - 18 h 42 min

Je n’aurai donc pas découvert cette littérature victorienne cette année, mais ce n’est que partie remise !
Et je pense que le nouveau défi me conviendra mieux 😉

Electra 1 novembre 2020 - 19 h 13 min

Oui, chacun son défi ! Moi, je lis peu de classiques français mais bizarrement j’adore les classiques Victoriens – enfin cette année, pas d’énorme coup de coeur comme l’an dernier avec Middlemarch.

keisha 2 novembre 2020 - 8 h 30 min

Rha la la ce Mansfield Park! Un des plus gros romans d’Austen. Avec, si si! plein d’événements et des personnages hauts en couleur (Fanny et Edmund sont un peu plus gris dans l’affaire). j’ai vu deux adaptations (Billie Piper pas convaincante en Fanny)

Electra 2 novembre 2020 - 19 h 10 min

Je ne comprends pas ton commentaire sur le côté « gris »‘ de Fanny et Edmund ? C’est marrant, tu commentes toujours comme si je l’avais pas lu alors que si je viens de le lire donc oui je sais pour la multitude des évènements 😉 J’ai vu deux adaptations et je te rejoins sur Billie Piper

keisha 3 novembre 2020 - 10 h 07 min

Je confirme juste que tu as raison, bien sûr tu l’as lu! ^_^
De mémoire Fanny et Edmund ont moins de peps que les Crawford, voilà, c’est ça que je voulais dire;

Electra 3 novembre 2020 - 12 h 02 min

ah oui ! effectivement les Crawford .. mais de sacrés égoïstes ces deux-là !

Eva 6 novembre 2020 - 11 h 31 min

j’avais lu Mansfield Park il y a longtemps, mais en voyant une adaptation, je me suis rendue compte que j’avais tout oublié de l’histoire !

Electra 9 novembre 2020 - 9 h 56 min

MDR parfois certaines lectures nous échappent totalement ! Le livre est différent des adaptations, j’ai découvert ainsi une partie qui n’est jamais reprise dans les films mais sinon oui on retrouve bien cette ambiance austinienne 🙂

athalie 7 novembre 2020 - 9 h 23 min

J’ai tenu le choc jusqu’au trois quart du roman, et donc normalement, j’avais fait le plus dur … Et puis, d’un coup, les personnages m’ont lassée, les évènements se reproduisent et on voit arriver une fin paliconne ( du moins, je l’ai supposé, puisque je les ai plantés là.

Electra 9 novembre 2020 - 9 h 57 min

ah zut ! La fin est traitée, à mon goût trop rapidement, j’ai même préféré celle du film mais sinon, je trouve surtout qu’à un moment du roman, tout se mélange (la pièce de théâtre) mais après c’est beaucoup mieux !

Alice 7 novembre 2020 - 21 h 36 min

Aucune des deux adaptations ne lui rend vraiment justice, ce serait bien qu’on en est une nouvelle !

Alice 7 novembre 2020 - 21 h 36 min

ait** (désolée)

Electra 9 novembre 2020 - 9 h 57 min

Oui, j’aimais bien l’acteur principal de l’une des deux adaptations mais sinon je trouve aussi que c’est une des adaptations les moins réussies des romans de Jane Austen.

Electra 9 novembre 2020 - 9 h 57 min

Oui !

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