Strangers · YAMADA Taichi

par Electra
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Ce livre, déniché en bouquinerie, a rejoint ma PAL. Après avoir lu Everyone still here*, j’avais besoin de me changer les esprits et un roman japonais fantastique, pourquoi pas ?

Il est souvent classé sous le genre « horror » mais pour moi, on est plus dans le fantastique et surtout par rapport à sa relation aux morts que la société japonaise entretient. En tout cas, j’ai bien fait de me lancer, car j’ai dévoré ce roman qui a su me happer dès les premières pages. Harada a 48 ans et a emménagé dans un immeuble essentiellement occupé de bureaux, suite à son divorce.  Scénariste pour une société de production télévisuelle, il gagne bien sa vie et ne manque jamais d’inspiration. Un soir, il remarque à quel point son immeuble est isolé, même dans la mégalopole tokyoïte. Tous les employés de bureaux sont partis et il se croit seul. Mais à son retour, il croise une jeune femme qui vit aussi à un autre étage.

Harata a perdu ses parents dans un accident à l’âge de 12 ans. Élevé par son grand-père, jusqu’au décès de ce dernier, puis par son oncle, Harata n’a pas vraiment l’esprit à la famille. Il n’a d’ailleurs plus de contact avec son fils unique, étudiant. Un soir, un de ses collègues vient lui annoncer qu’il est en couple avec son ex-femme et il espère qu’ils pourront néanmoins continuer à travailler ensemble. Harata est étonné de voir que son ex-épouse a déjà refait sa vie et ne souhaite pas vraiment entretenir de relations avec cet homme. Il part noyer son chagrin dans un bar, lorsqu’un homme l’aborde. À son immense surprise, ce dernier est le sosie de son père, décédé à l’âge de 39 ans. Ce dernier s’adresse à lui comme s’il était son père.

Curieux, il retourne à nouveau dans son ancien quartier pour retrouver cet homme. Ce dernier l’invite chez lui, et lorsque la porte s’ouvre .. Une femme qui ressemble comme deux gouttes d’eau à sa mère l’accueille .. Harada croit halluciner. Mais à chaque visite, ils sont bien là et se présentent bien comme ses parents. Harata, troublé, se confie à sa voisine, la mystérieuse Kay. Tous deux ont entamé une relation libre et elle lui annonce un jour qu’à chaque visite chez ses parents, il revient encore plus affaibli. Les yeux cernés, le visage caverneux, il semble avoir perdu plusieurs kilos mais lorsqu’Harata se regarde dans le miroir, il voit un homme en pleine santé. Que se passe-t-il ?

Des fantômes ? Une hallucination ? des mauvais esprits ? À vous de voir. J’ai pour ma part dévoré le roman et adoré ma lecture. Le livre ne fait que 200 pages.

Apparemment, il a été adapté au cinéma par un réalisateur européen et transformant légèrement l’histoire entre les deux occupants de l’immeuble. Les acteurs me plaisent bien, mais transporter l’histoire à Londres.. j’aurais bien aimé rester au Japon ! Mais le film a été très bien reçu.

Je ne connaissais pas l’auteur YAMADA Taichi qui a publié ce roman 1987 – et ce roman n’a pas pris une ride. L’auteur est apparemment très connu au Japon et je comprends mieux pourquoi. J’ai très envie de me pencher sur ses autres œuvres (si je les trouve) – edit : j’ai déniché son seul autre roman traduit en anglais.

Le livre a été traduit en français et publié en 1999 aux éditions Philippe Picquier sous le titre « Présences d’un été ».

♥♥♥♥

Editions Faber & Faber, 異人たちとの夏 , trad. Wayne P. Lammers, 1987, 201 pages

(* billet à venir)

Photo de Shigeki Wakabayashisur Unsplash

Et pourquoi pas

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