About love : 3 stories by Checkhov · Anton Tchekhov

par Electra
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J’ai craqué pour une édition, et par là-même, pour ce recueil composée de trois nouvelles écrites par Anton Tchekhov. L’ouvrage en anglais est un petit bijou, et j’ai lu rapidement les trois nouvelles, petit retour en Russie pour le challenge #maiennouvelles !

Un billet très court pour vous parler de ce recueil, composé de trois nouvelles du dramaturge russe. Le graphisme qui accompagne cet ouvrage est magnifique et je n’ai pas résisté. Ces trois nouvelles sont parmi les dernières écrites par l’écrivain, la maladie ayant fait son apparition. Ces trois histoires sont interconnectées, nous sommes dans le même village de campagne avec des personnages qui se connaissent tous. Avec son talent si particulier, Anton Tchekhov dévoile la vie dans ces campagnes russes, où les hivers sont longs, où la tuberculose frappe et où la vie et la mort se côtoient.

Dans la première nouvelle, A man in a shell, l’auteur s’amuse à raconter une comédie proche de l’esprit de Gogol,  le vétérinaire, Ivan Ivanych et son ami, le professeur de lycée Burkin se racontent toutes sortes d’histoire, un soir où ils dorment dans une cabane de chasse sur les terres du Comte P. Le véritable nom d’Ivan, Chimsa-Himalaiski est tellement étrange que les habitants ont préféré le renommer. Burkin lui raconte l’histoire de son voisin, un certain Belikov, un homme très excentrique. L’historie est drôle.  Dans la deuxième, Gooseberries, Ivan Ivanich se confie à Burkin sur l’histoire de son frère, un homme qui rêva toute sa vie de posséder un lopin de terre et d’y faire pousser des groseilles. L’histoire d’une obsession comme les humains peuvent en avoir.

La troisième, About love,  plus touchante, raconte l’histoire d’Alyokhin, l’ami d’Ivan et Burkin. Ce dernier, alors qu’ils sont chez lui, leur parle en premier de Pelageya, une domestique tombée amoureuse du cuisinier. Ce dernier boit et la bat et son maître doit s’interposer et se demande pourquoi choisissons-nous ainsi d’aimer ceux qui nous sont les moins adaptés ? Puis il se confie sur sa propre histoire d’amour, lorsqu’il siégeait à la cour de justice. Il était tombé fou amoureux de l’épouse d’un du Président de la cour, Anna Alexeyevna.  Si l’on sourit à la première, s’étonne à la deuxième, on fond à la troisième. Comme la postface le dit, on passe d’une connaissance dans la première histoire, à un frère dans la deuxième pour finir sur un amour inachevé, raconté par l’amoureux éconduit, Alyokhin.

En plus d’une étude approfondie de l’âme humaine, Tchekhov réussit à faire vivre ce village russe, leurs traditions et leur mode de vie. L’âme russe, où les larmes se mélangent aux rires, où le présent se réfugie dans le passé, avec cette forme de nostalgie.

Ainsi, comme le confie le traducteur dans la postface, « l’auteur peut parler d’un soirée de pleine lune, où l’on peut apercevoir le village endormi, les bottes de foins, les petites maisons alignées, les saules pleureurs, et où enveloppées dans le manteau de la nuit, les âmes sont protégées de l’anxiété, de la lutte et de la passion, où tout est beau, simple et doux, avec dans le ciel les étoiles qui veillent tendrement sur eux. Tout va pour le mieux.

Et pourtant, peu de temps avant, nous avons lu la conclusion de Burshkin où il raconte qu’ils sont revenus du cimetière de bonne humeur. Cela a duré presqu’une semaine puis la vie a repris comme avant, rude, ennuyeuse, stupide et rien pour l’empêcher de continuer ainsi, en laissant tout irrésolu, où rien ne s’améliore. »

Un portrait tout en finesse de la Russie et de l’âme humaine. A la traduction de David Helwig, il faut mentionner les illustrations de Seth qui font de ce petit ouvrage un bijou.

♥♥♥

Editions Biblioasis, 2012, 112 pages

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