Faute grave Lucie Whitehouse

par Electra

Quand j’ai croisé la couverture de ce livre, quelque chose a fait tilt. J’ai lu la quatrième et j’ai su que je le voulais. Fait du hasard, Masse Critique était de retour et il figurait dans la liste. Je n’ai pris aucun risque, je n’ai sélectionné que celui-ci. Et j’ai eu de la chance !

En ce moment, j’aime les polars et j’avais le visage de cette femme en tête. Quitte à m’embarquer pour Birmingham, pas vraiment ma tasse de thé. Pas non plus le premier choix de l’héroïne, contrainte d’y retourner après avoir été virée de Scotland Yard. L’inspectrice Robin Lyons rentre vivre chez ses parents, avec dans ses bagages sa fille préado. Birmingham, une ville sinistrée avec la fermeture des usines, qu’elle avait quitté il y a seize ans, persuadée de ne plus jamais y remettre les pieds.

Fort heureusement, Robin se console en se disant qu’elle va pouvoir plus profiter de sa meilleure amie, Corinna. Et l’amie de sa mère, Maggie, détective privée, lui propose de l’aider dans sa traque aux arnaques à l’assurance. On est loin des enquêtes pour homicide de Scotland Yard, mais Robin préfère être coincée dans une voiture pendant des heures plutôt qu’à la maison à se prendre la tête avec sa mère. Celle-ci lui reproche d’avoir quitté son dernier petit ami, un bon père de substitution pour Lenny, sa petite-fille. Les deux femmes s’entendent mal. Les relations mère-fille sont très bien décrites ici. Mais le pire est à venir : Corinna (“Rinn”)est retrouvée morte dans les décombres de son domicile, son fils entre la vie et la mort et son mari, Josh, a disparu. Il devient rapidement le principal suspect or Robin ne croit absolument pas à sa culpabilité. Josh et Corinna formaient un couple heureux et rien n’indiquait que quelque chose allait mal. Et il n’aurait jamais voulu faire du mal à leur enfant. Robin décide donc d’enquêter, malgré la mise en garde du chef de la police locale, qui n’est autre que son amour de jeunesse.

Alors oui, ça sonne un peu creux. Trop d’amoureux .. Vous savez à quel point les histoires d’amour m’ennuient (sauf celles des classiques) mais là on est loin de tout ça. On est jusque dans la m… aux côtés de Robin, qui en voit de toutes les couleurs et doit en plus gérer la mort brutale de sa meilleure amie. Le portrait de Birmingham, deuxième personnage du roman est impressionnant. Les quartiers ont changé, un Birmingham nouveau est sorti de terre mais le passé n’est jamais loin. J’ai rarement ressenti avec autant de facilité l’atmosphère d’une ville. La plume de Lucy Whitehouse est percutante. Pas de digressions. Elle ne raconte pas, elle montre : les émotions de l’héroïne, son manque de sommeil, ses cauchemars, ses mille questionnements.. Sa culpabilité, ses doutes et la recherche du moindre indice qui la rend dingue. Et on vibre avec elle. Elle est faillible, parfois elle fait des choses bêtes mais on ferait pareil. Je l’ai engueulée parfois, cette tête de mule. Un portrait de femme moderne intelligent.

J’ai beaucoup aimé ma lecture, j’avais hâte de m’y replonger, je lisais dans le bus, dans l’ascenseur qui me menait à mon bureau. J’ai adoré. Le livre a bien quelques bémols mais on oublie vite. Il ne bascule jamais dans le mélodrame. Il reste captivant, avec à la fin une ou grosses ficelles, mais on pardonne facilement. J’aime quand l’auteure nous fait ressentir les mêmes émotions que ses personnages. Et il faut dire que la fin est surprenante. Je vous conseille de ne pas lire la quatrième (je réalise qu’elle en dit trop…) et de vous lancer dans cette enquête passionnante. J’ignore si l’auteure envisage une suite mais je suis accro à Robin !  Bref, un bon polar divertissant comme il se doit.

 

♥♥♥♥

Editions Presses de la Cité, Critical Incidents, trad. Marie Chabin, 2020, 368 pages 

 

Photo by Luke Matthews on Unsplash

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8 commentaires

Fabienne 19 février 2020 - 11 h 26 min

Quand tu écris que le portrait de Birmingham est impressionnant, je ne peux m’empêcher de penser à “Le Quaker” de Liam McIlvanney donc forcément ça m’intrigue…

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Electra 21 février 2020 - 21 h 26 min

Oui ! C’est vrai que cela fait deux visites dans deux villes que je connais mal. Les romans sont différents mais j’ai aimé mes deux lectures. Dés polars européens et non scandinaves !

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Fabienne 22 février 2020 - 16 h 23 min

Comme quoi, il n’y a pas que les Scandinaves 😉 (même si je les adore!)

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Electra 22 février 2020 - 19 h 33 min

Non même s je les adore 😊

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Marie-Claude 20 février 2020 - 4 h 27 min

Polar et moi, ça ne le fait pas, ces temps-ci. Mais je vais tout de même faire une exception pour le dernier Indridason, s’il peut finir par arriver!

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Electra 21 février 2020 - 21 h 28 min

Il le faut. Ce sont plus des tranches de vie qu’une enquête. Moi j’aime mes lectures de polars ces temps-ci car ils dressent tous des portraits fascinants des villes. Chez moi, les lieux comptent tout autant que les personnages du coup cela explique sans doute mon aversion pour les romans français trop centrés sur les gens 😊

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Jerome 22 février 2020 - 18 h 00 min

Tu as été bon public parce qu’à te lire on voit quand même qu’il a pas mal de défauts ce roman 😉

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Electra 22 février 2020 - 19 h 32 min

Oui et non mais oui ! Je peux être aussi très méchante (cf. Demain)

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