The Cost of Living · Deborah Levy

par Electra

Le challenge consacré à la non fiction commence avec le deuxième volume de l’autobiographie de Deborah Levy, The Cost of Living. Tous deux disponibles en français.

J’ai découvert Deborah Levy l’an dernier en achetant ces deux magnifiques éditions lors de mon passage à l’université de Québec. J’ai lu le premier volume, Things I don’t want to known, il y a un an. L’autrice y parlait de son enfance en Afrique du Sud et de son départ précipité vers l’Angleterre puis de son adolescence. Une véritable découverte et un gros coup de coeur. Comme pour Joan Didion, j’ai l’impression d’être en compagnie d’une amie qui se confie quand je la lis.

Life falls apart. We try to get a grip. We try to hold it together. And then we realize that we don’t want to hold it together.

A nouveau j’ai été totalement transportée, me voilà installée dans un café, en compagnie d’une amie, à l’écouter se confier. Sur la place de la femme en générale, ainsi j’aime quand elle ouvre ce livre avec l’idée qu’un homme pense toujours être le personnage principal de sa propre histoire, et la femme, un personnage mineur. Pour ma part, je pense ainsi au cinéma avec le second rôle, auquel je préfère le terme anglais : the best supporting actor.

Toujours aussi perspicace, drôle et intelligente, Deborah Levy nous raconte ici la période de doute qui l’a entourée après son divorce. Elle dit ainsi que le “masque sociétal” qu’ils portaient en tant que mari et femme est tombé. Les voilà de nouveaux à nu. Eux-mêmes. Comment recommencer ? Quand tout à coup le futur devient incertain ? Elle se réfugie dans l’art, chez Proust et chez Louise Bourgeois, qui dit avoir choisi l’art pour exprimer toutes les émotions qui la débordent. Elle se réfugie dans la littérature, elle se replonge malgré elle dans le passé. Ainsi, en déménageant elle a conservé les filets de pêche de ses filles lorsqu’elles étaient enfants. Un souvenir trop fort qui la ramène dans ce passé où tout semblait être aligné, prévisible, safe.  Puis elle explique son retour à la vie, l’acceptation de ce nouveau chapitre de sa vie.

Je ne vais pas trop m’étendre, sinon que c’est un immense plaisir de la lire. J’aime sa réflexion sur la vie, sur nos attentes.  J’aime sa manière de faire de l’introspection autre chose qu’une liste de regrets et d’amertume.

J’aime aussi toujours autant sa plume, comme lorsqu’elle écrit ceci :

It had started to rain. The London pavements smelt of old coins. 

Et “the cost of living” ? Le coût de la vie ? Elle l’explique à la toute fin du livre. Je vous laisse le découvrir par vous-même !

Du coup, en allant à la librairie (juste avant leur fermeture), j’ai saisi au passage un de ses romans. Je veux voir l’autre Deborah, l’autrice de fiction.  En préparant ce billet, j’ai pris autant de plaisir à relire les passages. Comme son précédent livre, ses essais sont à garder précieusement.

♥♥♥♥♥

Hamish Hamilton, Penguin Random House, 2018, 208 pages

Photo by Dominik Martin on Unsplash

10 commentaires
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Et pourquoi pas

10 commentaires

Kathel 16 novembre 2020 - 11 h 44 min

Noté dans ma liste à lire, enfin, pas celui-ci mais le premier Les choses que je ne veux pas savoir… j’en ai lu quelques pages et j’ai eu bien envie de continuer… Et avec ton avis par là-dessus, je ne résiste plus !

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Electra 16 novembre 2020 - 12 h 22 min

Oh oui, tu vas voir, elle est drôle et c’est vraiment comme si tu conversais avec une amie. J’ai beaucoup aimé, et celui-ci encore plus !

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keisha 17 novembre 2020 - 8 h 31 min

Ce que tu en dis me donne bien envie. On doit attendre la fin du confinement de toute façon.

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Electra 17 novembre 2020 - 22 h 08 min

Oui ! Ses livres sont maintenant traduits. C’était juste très sympa d’avoir l’impression de converser, même sur des sujets sensibles.

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Eva 17 novembre 2020 - 10 h 14 min

J’ai lu le premier volume ce we, et fini le deuxième (celui-ci) hier ! beaucoup aimé, je ne connaissais pas du tout cette autrice, et je suis heureuse que ces deux livres soient mis en avant avec le Prix Femina !

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Electra 17 novembre 2020 - 22 h 09 min

Oui, ils sont en plus très abordables ! Maintenant je vais découvrir sa fiction, j’avais failli acheter Hot Milk à sa sortie. Je vais me rattraper avec le livre que j’ai acheté la veille du confinement.

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mingh 20 novembre 2020 - 10 h 32 min

Le prix Fémina incitera à la découvrir !

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Electra 20 novembre 2020 - 12 h 14 min

Oui, j’espère ! je vais bientôt lire son roman ! et je veux acheter Hot Milk

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Mes échappées livresques 20 novembre 2020 - 11 h 15 min

Tu attises ma curiosité, je me note le premier tome!

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Electra 20 novembre 2020 - 12 h 15 min

Franchement, c’est vraiment sympa ! tente le coup !

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