Nocturne d’un chauffeur de taxi

par Electra

C’est en premier la couverture qui attiré mon oeil et ensuite le sujet : des nouvelles. Choi Mikjung et Jean-Noël Juttet ont rassemblé dans ce recueil dix nouvelles signées par dix auteurs/autrices sud-coréens/coréennes. J’ai déjà lu deux romans d’auteurs et quelques nouvelles de ce pays et j’avais très envie d’y retourner, et le challenge approchant, je n’ai pas hésité.

Dans ce recueil, on part à la découverte de la Corée du Sud, de sa culture, de sa beauté et de ses travers. Car c’est sans complaisance que les auteurs/trices (une majorité sont des femmes) montrent leur pays, la société contemporaine. Avec le recul, certaines me semblent floues mais reste toujours dans l’air, cette impression de mépris envers le genre féminin, la dureté et l’exigence, le peu de tolérance. Plusieurs thèmes sont abordées : le travail à la chaîne dans une fabrique de conserves (on approche de l’absurde), la décomposition de la famille dans Semailles. J’ai beaucoup aimé Mon Mari malgré sa violence : une femme dont le mari est arrêté pour meurtres voit le regard de la société changer envers elle et tente de comprendre ce qui se passe.  Dans Bonne année à tous! c’est un couple qui se déchire.

Ma préférée est Neuf épisodes de Han Kang que j’ai adoré, où un couple chemine avec poésie (le talent littéraire pur) vers la mort. J’ai été emportée par ses mots. Je connais ses deux romans les plus célèbres mais je ne les avais jamais lus, je vais me rattraper de suite !

J’ai retenu de ce recueil l’envie de liberté dans une société pourtant ultramoderne qui enferme les femmes dans des rôles traditionnels.  Après ma lecture de Kim Jiyoung, Born 1982, j’avais déjà un avis plus tranché sur la société coréenne. Je fais le lien avec le Japon, pays également ultramoderne, mais toujours aussi traditionaliste et machiste. J’avais des amies japonaises qui ont fait leurs études à l’étranger et repoussaient la date du retour au pays. Pourtant je suis très attirée par la Séoul et la Corée (et j’adore leur nourriture) mais je sais que le féminisme a encore de longs combats devant lui. Je suis ravie d’avoir acheté ce recueil qui m’a fait passer un très bon moment de lecture.

Auteurs/ autrices:
Ahn Young Sil
Baekka-hum
Choi Jin Young
Han Kang
Jo Kyung Ran
Kim Ae Ran
Kim Yeon Su
Park Chan soon
Pyun Hye young
Yoon Sung Hee

♥♥♥♥

Editions Phillippe Rey, 2014, 240 pages

Photo by Markus Winkler on Unsplash

Et pourquoi pas

11 commentaires

Sunalee 18 mai 2021 - 7 h 57 min

Je viens de le terminer hier, je suis moins enthousiaste que toi (j’expliquerai pourquoi dans un futur billet), mais nous sommes d’accord sur une chose: « Neuf épisodes » est la plus belle nouvelle du recueil !

Electra 18 mai 2021 - 8 h 52 min

ah zut mais en même temps super pour Neuf épisodes ! quel talent 🙂

keisha 18 mai 2021 - 14 h 04 min

Pfff, les auteurs coréens, j’ai tendance à les mélanger… ^_^

Electra 18 mai 2021 - 21 h 47 min

et ici tu t’en fiches ! c’est la nouvelle qui compte 😉

Marie-Claude 18 mai 2021 - 16 h 24 min

Tu me le gardes, hein?!

Electra 18 mai 2021 - 21 h 47 min

ah oui ! un de plus ! ma valise va être pleine LOL

krol 19 mai 2021 - 7 h 04 min

Voilà qui est très tentant !

Electra 20 mai 2021 - 16 h 55 min

oui et très dépaysant !

Kathel 19 mai 2021 - 10 h 01 min

J’ai du mal avec les nouvelles d’auteurs différents, ce que j’aime c’est repérer les constantes, les sujets de prédilection d’un auteur. C’est comme regarder une expo d’un seul peintre ou plusieurs tableaux de peintres différents !

Electra 20 mai 2021 - 16 h 55 min

oui je le dis aussi au début, je n’aime pas trop les « collectifs » mais ici ça fonctionne plutôt bien, et y a comme une sorte de fil conducteur – un regard sur la société coréenne, ce qu’elle offre en apparence, et la réalité en fait …

Ingannmic 22 mai 2021 - 12 h 07 min

Comme Kathel, je suis réticente à lire des recueils mélangeant plusieurs auteurs, ou du moins à les lire d’une traite. je préfère y piocher de temps en temps. J’ai lu il y a quelques années une compilation de nouvelles nord-coréennes, et c’était pour le coup très instructif (et assez glaçant) parce que malgré la diversité des auteurs, on y retrouvait la même constante dans tous les textes, fortement marqués par la propagande (la Corée du Nord est un pays merveilleux où tout le monde vit dans le bonheur, et tous les nord-coréens sont des exemples d’altruisme et de droiture qui s’ils s’égarent parfois, rejoignent très vite le droit chemin…).

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