Olive, again · Elizabeth Strout

par Electra

Olive, enfin ! Je vous donne ici le titre français, mais j’ai lu la suite d’Olive Kitteridge en anglais il y a quelques semaines. Des retrouvailles magnifiques ! J’ai adoré.

J’ai regardé deux fois l’interview d’Oprah Winfrey avec Elizabeth Strout. Celle-ci raconte, comment elle pensait en avoir terminé avec Olive. Elle ne pensait plus du tout à elle. Puis un jour, alors qu’elle était installée dans un café à regarder ses mails, Olive lui est apparue.

Olive était déjà âgée dans le premier volet. Je conseille vivement à ceux qui n’ont pas lu le premier volet de le lire, car il faut connaître le caractère trempé et très spécial d’Olive, et ses rapports aux autres, dont son propre fils. Olive a vieilli. Son mari est décédé et elle a coupé presque tout contact avec son unique enfant depuis son dernier voyage, désastreux, à New York.

Pourtant, Olive va réussir à sortir de sa torpeur et découvrir à nouveau l’amour. La force de ce deuxième roman, est non seulement de dire qu’on n’est pas « mort » à 78 ans, même si pour la société, on est presque devenu invisible. Et puis surtout, et je remercie Elizabeth Strout, c’est de nous montrer Olive à travers le regard des autres habitants qui croisent la route de cette mégère, au physique imposant.  Les gens en ont souvent peur. On sourit beaucoup en lisant la manière dont les habitants de Crosby décrivent Olive. Mais son secret, c’est lorsqu’elle est seule à seule avec une personne, et là elle se révèle être à l’écoute, et surtout plus honnête que la plupart des gens. Oh, attention elle n’est pas exempte de défauts ! Et l’autrice s’amuse à faire ressortir ces derniers, en particulier ses préjugés.

Elizabeth Strout avait été très surprise par le succès du premier roman : comment une femme acariâtre de 70 ans, vivant dans une petite ville du Maine, avait-elle pu toucher autant de lecteurs? Tout simplement parce qu’elle est aussi profondément humaine. Olive nous touche. D’ailleurs, elle avait dit qu’Olive dirait haut et fort ce que tout le monde pense tout bas et qu’on n’ose même pas dire à son psychiatre. Ici, l’autrice raconte la vie d’une dizaine d’habitants de Crosby, avec en filigrane, celle d’Olive, son remarriage, et on découvre à nouveau que la solitude n’est pas réservée aux veuves âgées, elle touche tout le monde. Comme cette femme, d’à peine quarante ans, atteinte d’un cancer, que personne ne vient voir – tous lui disent que tout va bien se passer. Olive sera la première à lui dire, que oui, elle peut aussi mourir. Des paroles que cette femme a tant attendu.

J’ai aussi beaucoup aimé suivre l’évolution d’Olive – qui aurait cru qu’elle allait de nouveau vivre en couple ? La réaction de son fils est très amusante. J’adore Elizabeth Strout qui sait parfaitement traduire nos émotions, nos ressentiments, nos préjugés. Comme ceux d’Olive envers tous les travailleurs francophones québécois. Elle ne supporte pas ces « Catholiques Français » – alors imaginez quand ce sont des immigrés somaliens qui viennent s’installer dans cet Etat de Nouvelle-Angleterre très blanc et protestant.

Il y a aussi des passages magnifiques sur la nature, sur la lumière d’hiver – l’autrice rend un formidable hommage au Maine. Moi qui adorais enfant suivre les enquêtes d’Angela Fletcher, j’ai encore en souvenir les images de ces petites villes portuaires et de ce soleil couchant. Je remercie Olive d’avoir eu la bonne idée de réapparaître dans l’esprit d’Elizabeth.

L’autrice aborde à travers chaque chapitre, plusieurs thèmes chers à sa personne : la famille, le rôle de mère ou  comment un enfant peut grandir délaissé alors même qu’il a une mère, l’enfance, la solitude,  le deuil, même lorsqu’on est une adolescente. Olive va devoir affronter son passé, son comportement envers son époux et son fils. Elle ne juge jamais. Nous sommes tous les enfants de nos parents, qu’allons-nous faire de cet héritage ? Bon ou mauvais ?

Il y a toute une série de personnages, et ils vont tous croiser un jour la route d’Olive, pour leur plus grande chance. Et j’ai aussi adoré sa franchise, et j’ai bien ri lors de la baby shower, cette fête américaine que je déteste où on fête l’arrivée d’un enfant avant sa naissance, et où la future maman ouvre chaque cadeau – comme si c’était un concours de bon goût – devant tout le monde qui s’extasie.  Vous l’aurez deviné :  Olive est venue les mains vides.

J’étais à nouveau très triste de quitter Olive, elle fait vraiment partie de ma vie à présent. J’ai réalisé que mes grand-parents me manquaient. Olive, Enfin paraît le 25 août prochain aux éditions Fayard. Et le précédent est disponible en Poche.

♥♥♥♥♥

Editions Penguin, 2020, 304 pages 

Photo by Sarah Labuda on Unsplash

Et pourquoi pas

16 commentaires

Ingannmic 11 août 2021 - 8 h 35 min

Le précédent est déjà sur ma pile, chic !!

Electra 11 août 2021 - 9 h 37 min

Chanceuse ! J’ai relu le dernier chapitre avant d’attaquer le second pour bien avoir en tête ce qui s’était passé et l’état d’esprit d’Olive 🙂

Kathel 11 août 2021 - 9 h 20 min

J’avais beaucoup aimé le premier, je note donc de retrouver Olive et son caractère bien particulier !

Electra 11 août 2021 - 9 h 38 min

super ! Oui, j’ai adoré le premier et le second est merveilleux 🙂

keisha 11 août 2021 - 12 h 00 min

Tu parles que j’aime l’auteur!!! Et Olive. je pourrais relire le précédent, tiens! En attendant ‘again’

Electra 11 août 2021 - 12 h 36 min

Oui, et le 25 août hop te jeter sur la suite !!!

keisha 12 août 2021 - 8 h 27 min

Ou le trouver en VO avant? ^_^

Electra 13 août 2021 - 8 h 18 min

ah oui tu peux aussi !!

Passage à l'Est! 12 août 2021 - 11 h 58 min

Olive! J’ai beaucoup aimé Olive malgré tous ses défauts, et surtout j’ai adoré la galerie de personnages qui l’entoure. Il est temps que je lise Olive, again, et que j’écoute cette interview d’Oprah Winfrey.

Electra 13 août 2021 - 8 h 19 min

oui ! Olive est incorrigible mais elle a aussi des qualités !

Marie-Claude 13 août 2021 - 17 h 44 min

Quel torture que de te lire. Je suis en deuil. J’ai terminé Olive et je suis en manque. La suite arrive au Québec près d’un mois plus tard que le 25 août! Tu imagines?
Si tu me l’achète en France, je te rembourse et, en bonus, je te laisserai lire une journée complète sur mon sofa et je te prête mon lit!

Electra 13 août 2021 - 21 h 10 min

MDR ! En deuil ? pourquoi ? Olive est bien vivante ! Mais combien de nuits le lit ? et le sofa ?? Je te comprends ! 😉

Athalie 15 août 2021 - 9 h 51 min

J’avais beaucoup aimé Olive, son côté brut de décoffrage et les réactions des personnages qui la croise … Et effectivement, difficile de l’imaginer amoureuse et de qui ? grand dieu ? On ne peut qu’ être curieuse de cette suite. Mon urgence en cette rentrée littéraire ira vers Jaenada, mais ensuite, pourquoi pas ?

Electra 16 août 2021 - 8 h 36 min

Oui, Olive est surprenante ! et pourtant elle reste fidèle à elle-même ! J’ai énormément aimé la suite. Pour la rentrée, je n’ai as encore trop regardé – je suis toujours en mode vacances même si je travaille !

uneviedevantsoi 15 août 2021 - 14 h 18 min

Noté, noté ! Que ça semble délicieux. Je n’ai rien lu de cette auteure, mais j’ai dans ma PAL Je m’appelle Lucy Barton que j’avais acheté suite à ta chronique.
Mais maintenant il me brûle de connaître Olive.

Electra 16 août 2021 - 8 h 36 min

Ah super ! Lucy Barton a aussi une suite que je veux lire – deux personnages très différentes mais je sais que tu aimeras les deux ! Olive est incontournable 🙂

Les commentaires sont fermés