Kes · Barry Hines

A kestrel for a knave

par Electra
6 commentaires

Publié en 1968, ce roman fut adapté au cinéma en 1970 par Ken Loach. Je me souviens avoir vu le film très jeune, et j’avais toujours voulu lire le roman. C’est chose faite. Par contre, je l’ai lu en presque trois mois. Pourquoi ? Parce que connaissant la fin, j’ai préféré la repousser. J’ai donc attendu plus de deux mois avant de lire les derniers chapitres et de verser ma larme.

Les amateurs de roman noir savent qu’il faut toujours tuer un chien ou un autre animal pour faire réagir le lecteur. C’est vrai. J’aime les enquêtes policières, les thrillers et les romans noirs et je n’ai aucun mal à gérer la mort des personnages. Mais quand il s’agit d’un animal…

Ce livre est un classique. Barry Hines est né en 1939 dans le Nord de l’Angleterre d’un père mineur dans le village de Hyland Common. Quand il écrit ce roman, il a déjà publié The Blinder. Je pense que l’auteur a mis pas mal du sien dans le personnage du héros, Billy Casper, un gamin qui fait partie de cette génération perdue. Le garçon fuit la maison, sa mère préfère la compagnie d’hommes de passage, son frère ainé aime le maltraiter. Il n’est pas doué à l’école, et c’est justement la période des orientations. Billy sait qu’il n’ira jamais à la mine. On lui propose déjà d’arrêter l’école et d’entrer en apprentissage.

Son apprentissage de la vie, il le fait tout seul. Un jour, il trouve un nid de faucon et décide d’adopter un des petits, Kes. Entre l’enfant et l’animal se noue une complicité très forte. Désormais Billy a une raison de vivre, de sourire. Le soir, entre les courses à faire, il se glisse hors de la maison pour aller nourrir son faucon. Il cache à ses proches l’existence de cet animal sauvage à qui il enseigne la chasse. L’animal est très intelligent. Jusqu’au jour où…

Le roman se lit vite, j’ai une vieille édition en anglais Penguin, écrite en tout petit. Attention, le gamin s’exprime avec son accent et ses expressions du Nord, pour ceux qui voudraient le lire en anglais. Moi ça ne me dérange pas, avec tous les classiques lus. Autour de lui, les gens vivent modestement. Les débouchés sont rares. Tout semble noirci par la mine, le présent ou l’avenir. Les temps sont durs, il pleut, il fait froid. J’avoue que cette atmosphère pesante a joué sur mon moral. On s’attache au gamin.

Un roman culte, qui a encore toute sa place de nos jours. J’aime aussi qu’à l’époque, on ne rentrait pas dans des discours psychologiques, et c’est la force du roman. Il ne laisse pas de place au pathos. Un livre que je vais garder, même s’il me fait pleurer.

♥♥♥♥♥

Penguin Editions, 1977, 160 pages

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6 commentaires

Fanny 10 janvier 2023 - 7 h 25 min

Je ne connais pas le film mais je vais aller voir de plus près, j’aime Ken Loach.
Et pour le roman, que ce soit humain ou animal qui meurt, quand je m’attache je pleure 😅

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Electra 13 janvier 2023 - 7 h 56 min

je pense que tu peux trouver le film, bon il date mais il est fidèle à l’histoire ! Et on se retrouve sur l’animal, je pleure aussi (Danse avec les loups est terrible sur cet aspect-là)

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keisha 10 janvier 2023 - 7 h 57 min

Je deviens la fin, je vais pleurer (j’ai pleuré aussi à la mort d’un petit lynx, dans un film animalier)

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Electra 13 janvier 2023 - 7 h 56 min

Ravie de t’entendre ! Je me sens moins seule !

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Autist Reading 11 janvier 2023 - 21 h 53 min

Cette histoire devrait me plaire. Dans la même lignée, je te recommande plus que chaudement « Young Mungo » de Stuart Douglas (qui vient même de paraître chez Globe sous le titre de « Mungo »).

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Electra 13 janvier 2023 - 7 h 57 min

Oui, j’en ai beaucoup entendu parler du coup tu fais bien d’en parler ! Oui, ça devrait te plaire comme histoire. Le gosse est très attachant !

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