Je suis allée au cinéma en 2024 voir l’adaptation cinématographique de ce roman et j’avais eu un énorme coup de coeur pour le film, l’histoire, les personnages et les acteurs. Je me suis procurée plus tard le roman. Et je l’ai emporté avec moi en voyage (sur ma Kindle). Il m’a accompagné lors de mon vol vers Séoul, et dans le train plus tard vers Busan. Je ne pouvais pas reposer le livre. J’avais tant de plaisir à retrouver les mêmes personnages, mais également découvrir la plume de Hirano Keiichirō. Le réalisateur Ishikiwa Kei a été totalement fidèle à l’oeuvre écrite. Incroyable, les deux medium sont identiques et mon esprit passait du film au livre. C’était magique.
L’histoire est toute aussi passionnante. Dans la région boisée de Miyazaki, Takemoto Rie, jeune mère divorcée, fait la connaissance du très timide Taniguchi Daisuke. La jeune femme a perdu son plus jeune enfant d’un cancer et son mari les a abandonné. Rie et Daisuke tombent rapidement amoureux. Quatre ans plus tard, Daisuke a appris le métier de bûcheron et a adopté le fils ainé de Rie, Yūto. Ils ont eu ensemble une petite fille prénommée Hana. Daisuke mentionne rarement son passé, en particulier sa famille, propriétaire d’une chaine thermale. Il a juste abordé une fois une question d’héritage entre lui et son frère aîné. Mais le sujet est tabou.
Un jour, Daisuke emmène son fils avec lui en forêt mais il meurt subitement écrasé par un arbre. Rie informe sa famille mais ne reçoit aucune réponse. Un an plus tard, lors de la commémoration de sa mort, son frère aîné, TANIGUCHI Kiyoshi, se présente chez eux, mais à la plus grande surprise de Rie, il ne reconnaît pas l’homme en photo sur l’autel. Qui était l’homme qui se faisait appeler Daisuke ?
Rie fait alors appel à l’avocat qui l’avait aidé lors de son divorce, KIDO Akira (l’acteur Tsumabuki Satoshi à la une de ce billet) afin de découvrir la réelle identité de son époux. L’avocat, d’origine coréenne (3ème génération) part à la recherche de cet homme mystérieux qui a volé l’identité d’un autre homme. Peu à peu, la vérité, troublante, apparaît, plongeant Rie mais également Akira dans une confusion totale des sentiments. Qui était cet homme ? Pourquoi a-t-il choisi de prendre l’identité d’un autre ? Où se trouve le véritable Daisuke ? Pourquoi le Japon pousse-t-il chaque année des milliers de personnes à disparaître et à renaître sous une autre identité ?
Akira a toujours douté de sa propre identité, ses racines coréennes étant toujours considérées comme une tare au Japon. Peu à peu, la vérité prend forme. Le fils de Rie, Yūto doit aussi faire face à ce mensonge et à ce nom Taniguchi qu’il portait fièrement. Si le frère ainé du vrai Daisuke, crie à l’imposture, Akira et Rie croient plus tôt à une autre justification.
Le roman vous emporte comme le fils, très loin, dans les forêts du nord du Japon, dans la brume hivernale, et dans la détresse de ces hommes piégés par leur passé familiale, par le poids ancestral de la honte. Un récit passionnant de bout en bout. J’ai adoré ma lecture comme j’avais aimé le film. Je suis ravie d’avoir choisi de lire le livre après avoir vu le film. Les deux se complètent de manière incroyable.
Une de mes lectures coup de coeur de l’année.
♥♥♥♥♥
Editions Amazon Crossing , ある男, trad .Eli K.P William, 2018, 301 pages

12 commentaires
Je ne connais ni le film ni le roman, mais je pourrais regarder la video!
oui le film est vraiment fidèle au roman et la fin .. bref, j’ai tout aimé !
Comme Keisha, je ne connaissais ni le livre ni le film, mais je suis très tentée !
ah oui, je pense que ça te plairait ! j’étais ravie de dénicher le livre et surprise de voir à quel point le roman et le film se complètent
Ton billet me donne très envie de retourner à la littérature asiatique.
oui, en ce dernier est en plus « très ancré » dans la réalité. J’avais du mal, il y a quelques années, avec certains romans japonais que je trouvais trop mystérieux, les personnages inaccessibles, or ici ce n’est pas du tout le cas.
Tu m’intrigues… bon, il n’est pas traduit, mais d’autres de l’auteur le sont, et ses intrigues semblent empreintes d’étrangeté …par contre, un seul de ses titres (en français) est disponible en librairie (L’éclipse)…
ah oui, il faut que je regarde de plus près ses autres romans. Si tu as le moyen de voir le film, n’hésite pas – il vaut aussi le détour
C’est très rare d’adorer le roman (même si c’est l’oeuvre originale) quand on a déjà vu et aimé son adaptation cinématographique (et inversement) du coup tu m’intrigues. Si j’arrive à mettre la main sur le film, je ferai peut-être comme toi, dans le même ordre.
oui, surtout que là j’ai fait l’inverse le film puis le livre, et réaliser à quel point le réalisateur a été fidèle au roman fut une superbe expérience, je lisais le livre et les images du film apparaissaient, c’était très fort !
J’ai raté le film au cinéma (les films japonais ne restent pas assez longtemps à l’affiche à mon goût !). Merci pour ce rappel ! J’ignorais que c’était tiré d’un roman, je vais voir si je déniche les deux ou si je me contente du film…
oui, je l’avais repéré et j’ai donc filé au ciné sans attendre et après je voulais lire le roman ! les deux sont top, c’est assez rare à mon avis !