Firekeeper’s Daughter · Angeline Boulley

par Electra

En 2019, j’ai lu un roman pour Young Adult, The Marrow Thieves de Cherie Dimaline – j’avais adoré car il mettait en avant la population indigène d’Amérique du Nord. Une excellente lecture. Il m’aura fallu deux ans et six mois pour tenter de nouveau l’aventure avec ce roman Young Adult, mettant de nouveau en scène la culture autochtone.  Et .. bingo !

Le roman, relié, fait presque 500 pages et la police est plus petite que celle qu’on a l’habitude de voir dans ce format. Un pavé qui fera facilement 700 pages lorsqu’il sera traduit. Numéro un des ventes en Amérique, je suis persuadée qu’il va être traduit. C’est pour cela que je vous en parle dès à présent.

Il s’agit ici d’un roman, mais la réserve, la culture Anishinaabe (Ojibwe) est tout ce qu’il y a de réel. Et soyez prévenu : l’autrice utilise du vocabulaire Ojibwé à presque chaque page. Vous avez donc compris pourquoi il me fallait ce roman. Angeline Boulley appartient à la tribu des Indiens Chippewa de Sault Ste Marie au Michigan. La réserve, sur un archipel d’île se trouve à la croisée du Canada et des Etats-Unis et les membres de la tribu ont un statut particulier, leur permettant d’aller des deux côtés plus aisément.

Daunis a tout juste 18 ans et vient d’être acceptée dans une prestigieuse université. Mais sa grand-mère maternelle GrandMary a récemment fait un AVC et est hospitalisée.  Depuis le décès de son oncle maternel l’an dernier, la mère de Daunis va mal. Daunis est née d’une mère blanche d’une famille très aisée et d’un père Anishinaabe de la tribu de Sugar Island, décédé lorsqu’elle avait huit ans. Si Daunis est acceptée sur la réserve, elle n’en est pas un membre officiel et ne peut pas toucher les bénéfices liés au casino présent sur la réserve. Daunis est très proche de son demi-frère, Levi. Ce dernier est né deux ou trois mois après Daunis, d’une autre femme. Les parents de Daunis n’ont jamais vécu ensemble.  Daunis a décidé de s’inscrire à l’université locale afin de rester proche des siens. Elle y sera avec sa meilleure Lily.

Tout le lycée ne vibre que pour l’équipe de hockey-sur-glace – et le nouvel étudiant, Jamie, ne laisse pas Daunis de marbre. Même s’il a une petite amie, Jamie est beau comme un dieu et très gentil. Levi demande à Daunis de l’accompagner dans son intégration. Les deux commencent à courir ensemble. Daunis jouait elle-même au hockey mais une mauvaise blessure a mis fin à toute carrière. C’est alors que Daunis assiste à un drame épouvantable. Depuis quelque temps, la drogue circule sur la réserve, et le petit ami de Lily, Travis en consomme et en revend. Choquée, Daunis est bientôt contactée par le FBI pour leur servir d’informatrice. La jeune femme doit mener sa propre enquête pour savoir comment la drogue arrive à la réserve, qui sont les revendeurs. Et le temps compte car bientôt deux autres étudiantes décèdent à leur tour.

If the community were an ill or injured person, the FBI would cult out the infection or reset the bones. Amputate if necessary. Problem solved. I’m the only person looking at the whole person, not just the wound.

Que dire ? Sinon, que je pense avoir lu ici le premier roman qui vous explique absolument tout sur une culture, celle des Ojibwe des Grands Lacs. Les prières aux Sept Grand-Pères, les plantes, le processus de deuil qui doit durer 4 jours, les épreuves à passer pour devenir une femme… Mais aussi l’arrivée d’argent dans les réserves grâce au Casino a modifié les règle d’appartenance à telle ou telle tribu. Que doit-on faire pour être officiellement reconnu ? Une tonne d’information, une tonne de vocabulaire – un voyage ultra passionnant dans la culture Anishinaabe. 

Il faut y ajouter une écriture fluide, et des personnages approfondis, travaillés et une héroïne très attachante. Les personnages sont faillibles et vraisemblables. L’histoire d’amour est la seule partie qui fera plaisir aux jeunes adultes, pour moi, elle reste toujours un peu too much même si j’ai beaucoup aimé le choix de l’autrice à la fin. Cette dernière met en avant un personnage féminin qui doit faire ses preuves dans un monde exclusivement masculin. Le rythme est là, et la tension monte, pas de souci pour me replonger dans ce livre.

Like the time where she was at a bar with friends and a Zhaaganassh (white) guy kept asking each girl if she was an Indian and how much Indian was she ? He leered at Auntie (..) She throat-punched him. While he was gulping for air, my aunt told me he just experienced a real Indian fist and she had another if he wanted to see that one too.

Un roman entreprenant, intelligent et où vous apprenez énormément de choses. Je suis plus que ravie d’apprendre qu’il est numéro Un des ventes, que la jeunesse américaine découvre enfin la culture autochtone. Vous l’aurez compris, j’ai passé un excellent moment !

Lu dans le cadre du challenge #nationindienne.

 

♥♥♥♥♥

Editions Henry, Holt and Co, 2021, 496 pages

Copyright Joey Velasquez at Pixabay

12 commentaires
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Et pourquoi pas

12 commentaires

Kathel 5 août 2021 - 8 h 41 min

Effectivement, c’est super qu’il soit en tête des ventes. Je ne sais pas si je le lirai toutefois, j’ai souvent beaucoup de mal avec les romans « jeunes adultes ». Enfin, ce n’est pas une catégorie uniforme, certains pourraient peut-être me plaire !

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Electra 5 août 2021 - 9 h 23 min

C’est ma deuxième lecture de roman jeune adulte, comme toi, je ne suis absolument pas attirée par cette catégorie, mais ici on apprend tellement de choses, et même pour les émois de Daunis, l’autrice évite les écueils de ce genre de romans

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Ingannmic 5 août 2021 - 11 h 20 min

Je suis réticente pour la même raison que Kathel.. à voir, car le sujet et la manière dont il est traité sont quand même très tentants…

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Electra 5 août 2021 - 11 h 48 min

si tu me connais, tu sais que je ne lis jamais de romans jeunes adultes, donc si j’aime celui-ci, c’est qu’il est beaucoup plus pour adulte et surtout sur la culture Ojibwé – mais bon, je ne force personne 🙂

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Sunalee 5 août 2021 - 14 h 06 min

je l’avais déjà noté quand tu en avais parlé sur Goodreads – cet article ne fait que confirmer mon envie de le lire.

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Electra 5 août 2021 - 15 h 10 min

je pense qu’il te plaira 🙂

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Fanny 6 août 2021 - 8 h 57 min

Tout me plait : roman jeunesse, autochtone, couverture! Y a plus qu’à attendre…

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Electra 16 août 2021 - 13 h 45 min

Oui ! c’est vrai ! il va te plaire ! Un vrai page-turner en plus malgré sa taille (imposante)

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Marie-Claude 6 août 2021 - 17 h 20 min

Tu sais ce que j’en pense!

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Electra 16 août 2021 - 13 h 45 min

Oui chef !!

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Mes échappées livresques 16 août 2021 - 11 h 26 min

Il a tout pour me plaire celui-ci ! Ne manque plus que sa traduction.

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Electra 16 août 2021 - 13 h 45 min

Il est numéro Un des ventes au Canada donc la traduction ne va pas tarder 🙂

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