Cette lecture n’était pas prévue mais j’avais envie d’un classique, et je reportais sans cesse la lecture de ce roman, dont j’avais étudié le contexte à l’université (mais oublié depuis). Quand je l’ai ressorti de ma bibliothèque, j’étais partante pour un roman « gothique » et cette novella (vu sa taille) répondait à mes attentes. Comme d’autres lecteurs et lectrices, j’ai cru longtemps que l’écriture d’Henry James était trop austère, trop intellectuelle mais absolument pas ! La lecture est plutôt fluide, facile et j’ai immédiatement plongé dans l’ambiance particulière.
On suit l’arrivée d’une nouvelle gouvernante, en charge de l’éducation de deux orphelins. Ces derniers, nés en Inde, ont perdu leurs parents et c’est leur oncle qui hérité de leur garde. Ce dernier préfère vivre dans sa demeure londonienne, et a confié l’éducation de ces neveux à des gouvernantes dans sa demeure campagnarde. La jeune femme regrette ainsi de ne jamais rencontré l’oncle. Très vite elle s’attache aux deux enfants, un garçon et une fille. Ce dernier était en pensionnat mais étrangement il a été renvoyé subitement. La jeune femme ne comprend pas pourquoi il a été expulsé, car il ressemble à un ange, physiquement mais surtout dans son comportement car les deux enfants sont doux, sensibles, bien élevés et très sages.
I was a screen– I was their protector. The more I saw, the less they would.
Tout semble donc normal jusqu’à une nuit, où la jeune femme comprend qu’un enfant n’est pas dans sa chambre, en le cherchant, elle voit alors un homme inconnu la regarder fixement depuis le jardin. Interloquée, elle tente de savoir qui il est. Plus tard, elle le verra à nouveau, cette fois-ci à l’intérieur, dans l’escalier. Très vite, elle comprend que lui et une femme viennent voir les enfants la nuit. Et en les décrivant à la maîtresse de maison, elle comprend qu’il s’agit de deux anciens employés de la demeure, mais qui sont depuis décédés.
Des fantômes ? des hallucinations ? Voici l’histoire. Et j’ai bien aimé. J’aime les histoires de fantômes et j’ai trouvé l’histoire passionnante. Je n’ai pas eu peur une seule fois, et ce n’est pas le but je pense, mais j’ai bien aimé le parcours de cette jeune femme qui veut comprendre et surtout aider les enfants. Car pour elles, ils sont les victimes. Et puis la fin, dont je ne dirais pas un mot, qui peut choquer mais que j’ai particulièrement aimée.
Une bonne surprise pour moi qui me donne à présent envie de lire les autres écrits de cet auteur : The Portrait of a Lady et Daisy Miller.
♥♥♥♥
Editions Penguin, 2011, 134 pages
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