Mes auteurs ♥

par Electra

Mes coups de coeur livresques se sont multipliés ces dernières années, mais quand il faut les faire ressortir je réalise que c’est plus chez moi des coups de ♥ pour des auteur(e)s .

Aussi ai-je décidé de regrouper ici une partie de mes auteur(e)s préféré(e)s. Ceux dont j’ai envie ou j’ai déjà lu tous les livres, ceux dont les mots me touchent et dont j’attends (sauf quand ils sont décédés) la lecture d’un nouvel opus avec impatience. Ceux qui demeurent dans mon Panthéon personnel de littérature.

J’espère qu’il vous aidera à mieux cerner la lectrice que je suis 🙂

Impossible de ne pas commencer par lui ! J.D Salinger. Je n’ai jamais écrit un seul billet sur lui parce que j’en suis incapable. Et pourtant, il a su me toucher mieux que quiconque, en créant la famille Glass. Etudiante en langues étrangères, j’ai lu en première année son seul et unique roman, Catcher’s in a Rye (je ne les connais qu’en anglais) – le classique ultime mais c’est en lisant Franny and Zooey l’année suivante que la magie a opéré. Depuis, je ne cesse de relire ses autres nouvelles – et je me suis attachée à la famille Glass (sur IG, j’ai croisé aujourd’hui deux américains qui déclarent eux aussi leur amour total pour cette famille). J’ai pleuré la mort de Seymour. Salinger a continué d’écrire sur la famille Glass, nous a confié Joyce Maynard – mais comme vous le savez, le fantasque écrivain a demandé à ce que ses oeuvres non publiées de son vivant, ne le soient pas après sa mort. En tapant ces mots, je pense à encore le relire.  J’ai relu en début d’année Raise high the roof beam & Seymour, an introduction , pleuré à nouveau la disparition de Seymour et il me tarde à présent de retrouver ses frères et soeurs ! Chose faite avec son recueil Nine Stories !

Cette photo vaut à elle seule tous les commentaires. Jim Harrison fut ma première claque littéraire de toute ma vie. J’étais adolescente, 13 ou 14 ans quand j’ai lu Dalva. Ma mère connaissait déjà ma passion pour les grands espaces et les indiens d’Amérique, elle m’a fait le plus beau cadeau.  Bizarrement, je n’ai pas sauté sur ses autres romans – il m’en reste beaucoup à découvrir et c’est tant mieux ! Sa mort m’a fait un véritable choc. Je crois que j’aimais autant le bonhomme que ses récits. Il était ce qu’il écrivait. Il respirait la vie.

Jesmyn Ward est jeune romancière américaine à qui tout sourit depuis quelque temps. En plus de ses romans magnifiques, tous situés dans le Sud (Le Mississippi) dont est elle originaire, elle écrit beaucoup d’essais, en particulier sur la question raciale aux Etats-Unis. Sa biographie, Men we reaped, où elle raconte le destin brisés de quatre amis et de son frère m’a profondément marqué. Depuis, je me précipite sur tous ses livres : Salvage the bones (Bois sauvage), Ligne de fracture et Sing Unburied Sing pour lequel elle vient de remporter une deuxième fois le National Book Award.

Ce visage ne parle vraisemblablement pas à grand monde, pourtant il respire la gentillesse. Kent Haruf   fut une autre révélation. Un immense coup de coeur pour ses romans, et alors que je me réjouissais de passer du temps dans la ville qu’il s’était créée, auprès de ses personnages, j’apprenais son décès récent. J’ai depuis acheté ses autres romans (j’apprends qu’ils sont enfin traduits en français) et je compte les lire au compte goutte. Rester le maximum de temps auprès d’eux. Et savoir que je peux les retrouver quand je le souhaite, comme les Glass, cela me réconforte énormément !

Ali Smith – je l’ai découverte par hasard lors d’un passage dans une librairie à Oxford. J’ai craqué pour la couverture de l’un de ses romans et j’ai découvert une romancière galloise passionnante ! Prolifique, elle écrit aussi des nouvelles et de la poésie. J’ai été un peu déçue par un recueil que j’ai trouvé inégal (mais certains passages sont magnifiques), mais elle m’a de nouveau totalement envouté avec sa trilogie+1, Autumn. J’ai le deuxième volet, Winter entre les mains et il est encore meilleur.

Je ne lisais plus beaucoup à l’époque où j’ai croisé la route de Dennis Lehane – et puis j’ai lu Mystic River et j’ai pris une des plus grosses claques de ma vie ! Je crois qu’il est arrivé au bon moment – il m’a redonné goût à la littérature et m’a prouvé que les Américains voient aussi en gris, dans toutes les nuances de gris. J’ai lu ses autres romans, il me reste sa trilogie (dans ma PàL). Je me suis toujours imaginée boire une Guinness en sa compagnie dans un pub de Boston. J’y crois encore !

Il est arrivé à la même époque. Je me souviens pleurer de rire à bord de l’avion qui me ramenait en France alors que ma vie semblait s’effondrer. Et puis c’est l’auteur de mon roman jeunesse préféré, Hoot. Je l’ai lu et je le relis régulièrement. Le journaliste du Miami Herald continue de sévir sur les médias, de parler de l’actualité et de défendre becs et ongles son Etat, la Floride, des spéculateurs ou des destructeurs de l’environnement. Si vous voulez vous marrer, lisez Carl Hiassen ! Il a l’art et la manière de vous faire rire tout en réglant ses comptes avec la société actuelle.

Une entrée spectaculaire pour un auteur encore bien vivant (et jeune !) mais je ne pouvais pas oublier ce cher Bruce Machart – qui m’a prouvé que les Américains peuvent écrire les romans les plus forts et émouvants. Il m’a fait vibrer avec Le Sillage de l’Oubli – c’est lui qui m’a donné envie d’ouvrir mon blog de livres et son recueil de nouvelles, Des hommes en devenir, a fini de m’achever ! Je guette avec impatience la parution de son prochain roman.

Annie Proulx – ma bienaimée.  Avec elle, vous êtes sûr d’être en excellente compagnie ! L’auteure de The Brokeback Mountain possède un talent immense : celui d’écrire des histoires d’amour magnifiques. Que dire de Noeuds & Dénouement dont les premières lignes m’avaient fait craindre l’ennui (n’étant pas vraiment fleur bleue) mais ce fut tout l’inverse, quelle épopée 

Quelle vivacité. Comme Kent Haruf, elle donne vie à ses personnages, de la chaleur humaine.  Lisez-la vite si ce n’est déjà fait !  Une très grande dame. 

 

Mon maître du Western (enfin suivi de près par l’auteur suivant) : Larry McMurtry. Il était beaucoup plus jeune quand il a écrit Lonesome Dove. Le plus beau western, l’un des classiques que je ne cesse de recommander à tous.  Il faut avoir lu ce roman (en deux tomes) une fois dans sa vie. Depuis, il a écrit d’autres romans et a vieilli, il est normal, comme à l’instar de Jim, que ses thèmes évoluent et qu’il parle de vieillesse. Mais il surprend toujours et il vient de replonger dans la jeunesse de Gus et de Woodrow. Je me laisse du temps pour le lire – je sais que je vais aimer mais je sais que je serais ensuite tentée de relire Lonesome Dove !

Tessa Hadley – trop peu connue en France, elle est devenue un auteur incontournable pour moi. Je l’ai découverte via l’un de ses recueils de nouvelles, j’ai commandé son roman le plus primé (qui a déjà dix ans) et je suis de nouveau tombée sous le charme ! Une écriture toute en douceur et une faculté incroyable à l’introspection de nos sentiments. J’ai depuis commandé ses autres livres. Elle a été un peu traduite en France, puis oubliée – son dernier roman, The Past, l’est de nouveau. Tant mieux !

Glen Swarthout – son nom n’est pas aussi connu que celui de Larry, mais l’auteur de The Homesman ou The shootist m’a définitivement convaincue qu’avec lui, je suis toujours en bonne compagnie et que je peux à nouveau parcourir l’Ouest sauvage et vanté haut et fort la beauté crépusculaire des western. Il me reste pas mal de ses oeuvres à lire et j’en suis ravie ! 

Pas mal, hein ? Bon allez, vous aurez reconnu Joseph Boyden – ma liste d’auteurs indiens est assez longue, j’avoue. Je l’ai découvert en achetant un de ses romans en brocante et j’ai été subjuguée par son lyrisme et ses talents de conteur. J’ai dans ma PàL son dernier roman, Dans le grand cercle du monde, que je prévois de lire au soleil à l’automne. Pendant l’été indien 😉

Joyce Maynard a eu la vie que j’ai rêvée (enfin, en partie) – un talent inné pour écrire, j’adore la fluidité de son écriture, sa manière d’inviter le lecteur à relire sa vie avec elle. Sa sincérité et elle a réussi à réécrire ici tout un pan de l’histoire américaine et de la libération de la femme.  Je n’ai pas encore lu toute son oeuvre et pourtant j’ai déjà eu la chance de la rencontrer à deux reprises et c’est une personne formidable.

Un visage d’une grande sagesse et de bonté – Sherman Alexie sourit énormément sur les portraits que l’on peut trouver de lui. Pourtant, le romancier indien peut être beaucoup plus intimidant dans ses romans et ses recueils de nouvelles !

Un incontournable de la littérature indienne (originaire de la côte Ouest et la région de Seattle). Une voix majeure dans la littérature indienne. Une plume magnifique – ma dernière lecture est récente – après The Indian Killer j’ai choisi Flight.

Hâte de découvrir la totalité de son oeuvre (et surtout ses nouvelles).

Donna Tartt est sans conteste l’auteure la moins prolifique – 3 romans en vingt ans. J’ai lu Le Maitre des Illusions après avoir pris une claque en lisant The Goldfinch (Le Chardonneret).  Et je viens de lire Le petit copain – son premier roman.  Maintenant, je dois prendre mon mal en patience car la romancière met en moyenne dix ans pour publier un nouveau roman ….

Son regard en dit long ! J’ai hâte, vraiment hâte de le croiser au Festival America ! Encore un auteur indien, Ojibwé – du Minnesota. Vous devinez ? David.. Treuer !  J’ai dévoré Indian Roads (Rez Life) en à peine une journée, je sais qu’il me faut lire TOUS ses livres sans exception – et je découvre avec effroi, que son frère ainé, Anton, écrit lui aussi sur la question indienne. L’identité.

Je commence à penser sérieusement à établir un plan de bataille pour le lire et lire tous ses collègues ..

 

Comme Joyce Maynard, Joan Didion possède le talent d’écrire sur sa vie, d’une telle manière que vous ne ressentez aucune pudeur ou gêne à suivre cette femme dans toutes les épreuves de sa vie. Car Joan Didion a connu le deuil, de son époux, puis de leur fille unique. Elle a mis des mots sur ses maux – et a permis à un grand nombre de personnes de se reconstruire. Une figure légendaire de la littérature américaine. Il me reste encore beaucoup à apprendre en sa compagnie.

Une française ! Oui – c’est avec Rien de Grave, puis Une mauvaise fille, et la Gaieté que j’ai découvert une auteure qui m’a totalement bouleversée. J’achète ses livres les yeux fermés et je lis ses romans, le souffle coupé – comme j’ai le sentiment qu’elle a écrit ses mots dans le même état – l’urgence, la nécessité. Justine Lévy me fascine par ce foisonnement et cette plume si particulière. Un monde à part. Son style et le contenu de ses romans déplaisent parfois. Avec moi, c’est tout l’inverse. Elle m’a réconciliée avec la littérature française, comme le suivant.

Antonin Varenne exerce sur moi une drôle de fascination – je l’ai découvert tardivement, j’ai embarqué avec lui sur Mille chevaux à vapeur et je ne suis pas redescendue. J’ai été envoutée par Battues et Equateur, et par sa novella CAT 215. J’ai tous ses romans et je me sens bien en sa compagnie, que ce soit sur un navire au large du Pacifique et dans le fin fond de la Creuse dans une réserve forestière.

Lori Roy possède un visage si avenant qu’on lui donnerait le Bon Dieu sans confession. Pour aussitôt le regretter. Car Lori Roy est la reine des romans où la tension vous prend soudainement à la gorge, où vous ne pouvez que ressentir un malaise en avançant dans votre lecture, mais avec une attraction telle qu’il est impossible de reposer le livre. Que ce soit Bent Road, dans la campagne ou De si parfaites épouses, la romancière maîtrise totalement le rythme et l’atmosphère. Je suis fan et je veux tout lire d’elle ! J’ai enfin entre les mains son dernier roman, J’irai mourir sur vos terres, hâte de le lire !

J’aime tout chez elle : la femme, l’artiste, la compagne, la poète, la conteuse ! L’écrivain me fascine. J’ai totalement craqué pour Just Kids et M Train m’attend sagement. Ce qui me plaît aussi, c’est qu’ici l’âge prouve qu’il n’a rien à voir avec le talent. On peut se révéler tardivement, oh ce fut toujours une grande artiste mais savoir écrire des livres, c’est un autre exercice. Et elle y réussit brillamment ! Quelle femme !

Je n’ai pas dit son nom, mais dois-je le faire ? PATTI SMITH.

Hop ! Un nouveau venu dans ma liste, mais pas n’importe lequel : Thomas King – ce portrait représente exactement l’homme que je m’imaginais : généreux, souriant, rassurant. On se sent bien dans le petit monde indien & canadien de cet homme qui a choisi d’épouser la nationalité canadienne. De père Cherokee, il est un conteur hors pair ! J’ai déjà trois de ses romans, un quatrième en route. La bonté même ! Il nous en faut par ces temps-ci, alors n’hésitez pas à le lire. Et le relire.

Et son cousin ! Un autre auteur canadien indien qui m’a totalement ravi le coeur avec Les étoiles s’éteignent à l’aube : Richard Wagamese ♥♥♥♥ Son roman, déniché au Québec dans une librairie indienne – conseillé par ma copine Marie-Claude, m’a vraiment ému. Ma réaction fut radicale : deux autres romans (non traduits) m’attendaient à mon retour du Canada. L’auteur est malheureusement brutalement décédé il y a quelques mois et je le pleure.

Je n’ai pas cité ici mes auteurs classiques préférés mais ça serait sans fin ! Citons quand même F. Dostoievski, Jane Austen, John Steinbeck, F.S Fitzgerald, Charlotte Brontë… et mon cher Truman Capote ! Et également David Grann, mon nouvel auteur (non fiction) chouchou .. Bref, la liste s’allonge !