Haarmann, le boucher de Hanovre · Isabel Kreitz & Peer Meter

par Electra
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Cette lecture remonte à un mois et demi environ – le dessin m’avait attiré, et je suis repartie ce matin-là avec deux bande-dessinées traitant toutes deux du même sujet : le destin de tueurs en série. J’ignorais l’existence du boucher de Hanovre. Publié en 2011, le dessin est signé Isabel Kreitz, une artiste allemande. J’ai découvert que Peer Meter, Allemand également est rédacteur d’une revue consacrée aux bande-dessinées, écrivain et qu’il est passionné par les tueurs en série. C’est lui qui a décidé de mettre en scène le destin de cet homme dont les atrocités glacèrent l’Allemagne dans les années 20.

Hanovre, 1924 – la ville vit des heures difficiles – alors qu’on draine une rivière, des ossements humains sont retrouvés. L’enquête patine. Le pays, grand perdant de la première guerre mondiale, traverse une crise économique importante. La misère s’est répandue, et les Allemands doivent lutter pour survivre. Fritz Haarmann est populaire, fripier, il fournit le quartier en habits d’occasion mais également en viande. La viande, vendue au noir, ne plaît pas à tout le monde et on lui reproche un goût « doucereux ». Mais le prix reste inabordable aux classes ouvrières. La particularité de Fritz est qu’il est également un indic pour les forces de police. Il possède même une carte officielle. C’est avec celle-ci qu’il va pouvoir attirer chez lui ses proies .. de jeunes garçons perdus, fugueurs ..Le fripier les viole, les tue, puis les dépèce… (Pour les plus curieux, l’une des planches les plus « dures » du livre ici).

160 pages que j’ai lues d’affilée, même si le sujet est grave. On se demande comment l’homme a pu ainsi agir, si impunément, pendant toutes ces années. L’auteur a eu la bonne idée de fournir au lecteur en fin d’ouvrage un véritable dossier documenté (photos, témoignages, articles) qui retrace la carrière du tueur en série.  Le talent de Peer Meter est de produire ici un scénario sobre, sans dramatisation ou à l’inverse, sans horreur superflue.  J’ai aussi apprécié le coup de crayon d’Isabel Kreitz – j’adore le détail apporté à chaque scène. L’utilisation du noir et blanc est ici justifiée, au vu de l’époque et de l’histoire. Honnêtement, on croit parfois qu’il s’agit ici d’un travail de calligraphe tant ses traits sont ciselés. La forme et le fond ont été travaillés et j’ai encore en mémoire le résultat.

Fait du hasard, lorsque j’ai enchaîné avec ma seconde bande-dessinée, L’Empoisonneuse, autre tueuse en série allemande (Gesche Gottfried), j’ai découvert que le scénariste n’est autre que Peter Meer !

Éditions Casterman, 160 pages, 2011.

Et pourquoi pas

8 commentaires

luocine 22 novembre 2015 - 19 h 23 min

j’aime bien le dessin , le sujet me semble bien triste

Electra 23 novembre 2015 - 9 h 48 min

Oui, le sujet est triste mais le dessin est en effet agréable et j’aime bien le côté documentaire. Et puis je vais rarement en Allemagne en BD !

gambadou 22 novembre 2015 - 21 h 04 min

un peu glauque comme histoire !

Electra 23 novembre 2015 - 9 h 48 min

😉
Le sujet l’est mais l’histoire est bien traitée

Jerome 23 novembre 2015 - 12 h 57 min

Et si tu veux poursuivre sur cette joyeuse thématique, tu peux enchaîner avec « Mon ami Dahmer » 😉

Electra 23 novembre 2015 - 14 h 18 min

J’ai continué avec L’empoisonneuse, mais ce cher Dahmer a eu aussi droit à sa BD ? Intéressant ! 🙂

Marie-Claude 23 novembre 2015 - 22 h 44 min

Bon ben… Deux d’un coup?!
Je pars à la recherche des deux. Le sujet me titille et le dessin possède une belle profondeur. Tout pour me plaire!

Electra 24 novembre 2015 - 14 h 12 min

J’ai fait une orgie de BD ! Parfait quand on veut quelque chose de léger, enfin même si le sujet peut être « lourd » -)

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