Une pause BD, ça vous tente ?

par Electra
Une pause BD, ça vous tente ?

Vendredi c’est 3 romans graphiques ! Z’êtes prêt ?

Moins qu’hier (plus que demain) – Fabcaro
♥♥♥♥

J’avais hâte de retrouver l’auteur depuis Zaï Zaï Zaï Zaï – et je n’ai pas été déçue. Ici l’auteur s’attaque au couple, et de quelle manière ! Chaque planche est jouissive – il va loin très loin. Les jeunes tourtereaux tout juste mariés devraient peut-être éviter cette lecture car elle met à mal le couple et tout ce qu’il représente. Mais tout ceux qui ont connu plusieurs amours se reconnaîtront dans ces histoires de couples où parfois on pense à voix haute, ou les parents s’énervent de ne pouvoir eux-même annoncer leur divorce à leur ado insolente – les couples, tous nommés sont irrésistibles.

Le premier, Géraldine et Fabien, est sans doute le plus amusant et triste à la fois. L’auteur dresse un portrait sans fard de la vie de couple, ici Fabcaro fait quand même un portrait peu flatteur des hommes et les femmes sont souvent les plus cinglantes et manipulatrices.

Bref, du noir, très noir – qui bascule parfois dans le monde de « l’absurde » mais que c’est bon !

Editions Glénat, 2018, 64 pages

 

Salam Toubib – Claire Dellanges et Marc Védrines
♥♥♥♥

Chronique d’un médecin appelé en Algérie, 1959-1961.

1984. Pauline Tardieu doit retrouver son père à la gare pour aller à une fête de familles. Son père est un chef d’entreprise autoritaire et cassant. Mais lorsqu’ils sont soudainement agressés, celui-ci maitrise facilement l’assaillant à la grande surprise de Pauline. Où a-t-t-il appris à se battre ? Une fois dans le train, l’homme accepte de répondre aux questions de sa fille et d’évoquer une partie de sa vie soigneusement cachée depuis des années.  1959 – Gilles Tardieu est un jeune homme brillant de 24 ans qui vient de réussir sa thèse de médecine. Pourtant, il résilie son sursis d’incorporation et part en Algérie comme médecin. Il se retrouve pris dans un engrenage fait de hasards administratifs et d’obligations militaires. Le jeune homme doit trouver sa place et sa première affectation, trop à l’arrière des combats ne lui plaît pas, même s’il aime son travail. Le jeune homme soigne les habitants très pauvres avec des moyens très faibles puis au bout de quelques mois, il demande son transfert pour aller au plus proche des combats. Il découvre alors à quoi ressemble vraiment cette guerre et ceux qui la font.

Un récit puissant et troublant, qui rejoint la lecture du polar d’Antonin Varenne, Le mur, le Kabyle et le marin qui évoquait la torture en Algérie. Cette guerre très peu évoquée dans nos livres d’histoire. Le récit est en très grande partie autobiographique, le scénario étant signée Claire Dellanges qui rend ici hommage à son père et à ses souvenirs de guerre. Le dessin de Marc Védrines est très beau.  J’ai eu une pensée pour mon oncle qui a aussi participé à cette guerre et qui a toujours refusé d’en parler. 

Si la guerre d’Algérie vous est encore mystérieuse, je vous conseille fortement ce roman graphique.

Editions Delcourt, 2016, 160 pages

 

Le chant de mon père – Keum Suk Gendry-Kim

Enfin, un magnifique roman graphique au dessin peint à l’aquarelle – un témoignage d’amour d’une fille à sa mère.

2010, Paris – Gusoon est ravie : sa mère coréenne a fait le voyage jusqu’à chez elle. La vieille femme est surprise par le mode de vie de sa dernière fille. Celle-ci en profite pour la questionner sur sa vie et sur ses souvenirs. 1971 – Gusoon naît, dernière enfant d’une fratrie de huit ans (l’ainé a déjà 22 ans). Son père a 50 ans et sa mère 42. La petite Gusoon (qui déteste son prénom, qui signifie « neuvième enfant ») vie protégée et aimée. La famille vit à la campagne, son père est un homme heureux qui aime chanter les chants folkloriques, possède une grande connaissance des plantes pour laquelle nombre des villageois viennent le voir. Mais la Corée connaît une période instable, après un coup d’état, les conditions de vie ont changé.

Croyant bien faire, la famille écoute l’un des oncles maternels et vend tout pour s’installer à la capitale, Séoul. Mais les promesses de l’oncle se révèlent être des mensonges : l’homme les a volés et ils se retrouvent à vivre dans un petit logement insalubre. Obligés de travailler, leurs parents déchantent vite et les enfants également. Les ainés arrêtent l’école pour travailler. C’est le cas d’une des soeurs ainés, âgée de 14 ans, elle doit suivre les devoirs de Gusoon. Celle-ci déteste sa nouvelle vie, on se moque de sa peau brune (comme aujourd’hui, on se moque des paysans et leur peau bronzée, une peau claire est synonyme de « richesse et d’éducation) et de son nom.  Gusoon grandit, les années passent …

J’ai beaucoup aimé ce roman graphique, d’abord en découvrant cette famille coréenne, que l’on suit des années 70 à nos jours. Découverte de la culture coréenne mais aussi de l’histoire politique et économique de ce pays. Ici l’auteur va directement au but, elle n’enjolive rien – et si l’histoire est parfois triste, elle évite totalement le pathos. Ses propos sont parfois très durs envers cette culture et surtout ses oncles maternels, qui auront largement participé à la fin d’un rêve. Le tout accompagné d’un dessin très doux.  Une réussite !

Editions Sarbacane, 2012, 160 pages

Et pourquoi pas

7 commentaires

Mes échappées livresques 14 septembre 2018 - 7 h 47 min

Trois lectures très tentantes! très envie de retrouver Fabcaro avec ce nouvel album et les sujets des deux autres romans graphiques m’attirent aussi!

Electra 14 septembre 2018 - 19 h 53 min

Oui, très différentes mais toutes bien ! J’ai eu la chance de trouver Fabcaro sans avoir à le réserver !

Marilyne 14 septembre 2018 - 13 h 45 min

Une belle sélection. Très tentée par Le chant de mon père.

Electra 14 septembre 2018 - 19 h 53 min

C’est une très jolie histoire, très touchante avec de très beaux dessins 🙂

Titezef 16 septembre 2018 - 21 h 35 min

Les deux dernières me tentent bien, par contre pas aimé ce Fabcaro là.

Electra 17 septembre 2018 - 21 h 24 min

ah oui ? moi j’ai aimé, mais c’est un humour très noir. Mais je ne connais pas très bien l’auteur n’ayant lu que son plus connu. Pour les deux autres, ils sont effectivement très bien !

Jerome 18 septembre 2018 - 13 h 02 min

Fabcaro forever !!!!!!

Les commentaires sont fermés