Le Quaker · Liam McILVANNEY

par Electra

Parfois, c’est si bon qu’on a peine à y croire – enchainer de très bonnes lectures et finir sur un polar qui vous vole votre coeur  ! Je me sentais déjà trop gâtée en retrouvant Erlendur, mais voilà que Métailié m’offre Duncan McCormack !

Saviez-vous qu’il existe deux auteurs écossais du même nom ? McIlvanney ? et que l’un se prénomme William et l’autre Liam – de quoi se mélanger les pinceaux. Lorsque je découvre un nouvel auteur, je m’empresse de regarder sa bio, ses autres écrits et Google se mélangeait les pinceaux entre ces deux auteurs. Finalement, j’ai démêlé les fils. Et bonne nouvelle, Liam commence (enfin on veut y croire) une nouvelle série avec comme personnage principal, Duncan McCormack.

1969 – Glasgow. L’unité spéciale, créée par la police après la mort de trois jeunes femmes assassinées par le même homme, piétine. Aucun suspect, aucune avancée. Les supérieurs de la police refusent de dépêcher plus longtemps leurs hommes à cette enquête et veulent la clore. Ils décident d’y envoyer l’inspecteur principal, Duncan McCormack pour mener un audit. Son arrivée est bien évidemment malvenue parmi ces hommes qui n’ont pas dormi et ont auditionné plus de 5 000 personnes depuis le début de l’enquête. Ils savent que Duncan est là pour rédiger un rapport en leur défaveur. La presse contre eux, ils ne supportent pas la venue de ce flic tout juste auréolé d’une arrestation saluée par la presse, un des hommes de main de la mafia locale.

Un portrait-robot circule pourtant dans la presse, car les trois victimes étaient toutes allées au dancing accompagnées d’un jeune homme bien de sa personne, blond, bien habillé. Mais rien n’y fait et Duncan ne voit pas d’issue même si le modus operandi l’interroge.

Au même moment, Alex Patton, un coffreur de coffre-forts, exilé à Londres depuis quelques années, accepte de revenir dans sa ville natale pour cambrioler une salle des ventes la veille d’une vente aux enchères exceptionnelle. Le jeune homme, très discret, a accepté la proposition d’un ami d’enfance et l’opération est une réussite jusqu’à ce qu’il se retrouve par hasard sur la route du tueur en série …

Que dire ? L’auteur dresse un portrait incroyable de Glasgow à la fin des années 60, de ces quartiers oubliés, dévastés et où la mafia locale règne en maître. Un quartier en pleine démolition, le maire ayant de grands projets immobiliers qui vont redessiner la ville. L’enquête policière est passionnante, solide et m’a scotchée pendant toute ma lecture. J’avais toujours envie de reprendre ma lecture, j’ai transporté le roman partout avec moi pour découvrir la suite.

Les personnages sont tous travaillés, avec une vraie profondeur comme l’unique témoin, qui a voyagé en taxi avec la victime et son futur assassin et que dire de Duncan ? Un portrait tout en finesse d’un policier dont le secret risque à tout moment de faire basculer l’enquête. Un homme qui se souvient du passé de Glasgow, la basse ville et la haute ville. Et autre idée de génie de l’auteur : il alterne entre la parole donnée aux victimes et celle des enquêteurs. J’avoue ainsi que j’ai été très surprise et émue d’entendre la voix de Jacquilyn Devis au début du roman et celles des autres victimes au fil de ma lecture. On oublie ainsi jamais l’horreur perpétrée.

Le plus troublant ? Liam McIlvanney s’est inspiré d’un véritable fait divers pour raconter sa ville dans les années 60 et dresser un portrait vivifiant de la police locale.  Le tueur, surnommé Bible John – il citait des passages de la Bible – avait rencontré ses victimes au même dancing, le Barrowland, toutes étaient brunes, séparées de leurs maris et mères de famille.

Et pour vous faire sourire, je viens de découvrir qu’en fait Liam est le fils de William…. qu’il enseigne aussi l’histoire culturelle et patrimoniale de l’Ecosse.

♥♥♥♥♥

Editions Métailié, The Quaker, trad. David Fauquemberg, 2019, 416 pages

Et pourquoi pas

8 commentaires

Kathel 21 octobre 2019 - 9 h 52 min

Je l’avais repéré à Masse critique mais je vais en recevoir un autre… c’était un bon choix, cependant, et je le garde dans mes listes !

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Electra 21 octobre 2019 - 10 h 26 min

Oui, garde-le ! il vaut vraiment le détour – un portrait très intéressant de l’époque et un personnage principal vraiment très bien ! Masse Critique nous suprend parfois !

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Marie-Claude 21 octobre 2019 - 15 h 57 min

Je vois que tu viens de faire toute une découverte! Je le note, pour une période où je serai plus motivée pour lire un polar. Là, je suis avec ta chouchou: Ali Smith!

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Electra 21 octobre 2019 - 19 h 46 min

oh Ali !!! j’espère que tu vas aimer, je sais que ce n’est pas passé avec certaines. Oui, ce polar, l’ambiance et puis le flic, je ne veux pas trop en dire mais franchement il vaut le détour ! Note-le. J’ai lu plusieurs polars ces jours-ci et je vois l’écart entre celui-ci et les autres, même si j’ai aimé les autres…

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Jackie Brown 22 octobre 2019 - 20 h 32 min

Je l’ai ajouté à ma LAL. Super trouvaille. Merci !

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Electra 23 octobre 2019 - 0 h 05 min

de rien 😉 hâte d’avoir ton avis

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Fabienne 27 octobre 2019 - 13 h 55 min

Je l’ai dans ma pal! Hâte de le lire!

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Electra 27 octobre 2019 - 20 h 55 min

ah super ! j’ai vraiment accroché j’espère que ça sera aussi le cas pour toi !

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