Une pause BD, ça vous tente ?

par Electra

Alors, est-ce que papa Noël vous a gâté ? Je vais sans doute partager avec vous les cadeaux reçus. En attendant, je vous offre une première pause BD pour 2020 avec trois lectures.

Deux femmes – Song Aram
♥♥♥

La Corée du Sud est en pays en pleine effervescence. Les touristes venant de ce pays sont dorénavant partout (je les ai croisées au Vietnam, en Thaïlande, à Paris, à Nantes). Le fils d’un ami a vécu à Séoul, aussi j’ai choisi cette lecture qui offre une vision différente de cette mégapole ultramoderne. Celui d’un pays écrasé par les traditions, et en particulier l’impact sur les droits des femmes. Et quelle surprise ! Je vous laisse la présentation éditoriale qui résume bien cette lecture intéressante.

 

Tout sépare Hong-yeon et Gongju, deux jeunes femmes coréennes : leur caractère, leur rapport aux hommes, leur milieu familial… Gongju, plutôt réservée, originaire de la ville de Daegu, dans le sud du pays, veut à tout prix travailler dans le secteur de la presse. Hong-yeon, dessinatrice à Séoul, est insouciante et extravertie. Et pourtant, les deux femmes sont amies et se confient régulièrement l’une à l’autre, dans les moments heureux comme lors des périodes difficiles, pour se soulager du poids que leurs familles respectives font peser sur elles ou quand des choix de vie doivent être faits.
A travers les histoires délicatement intriquées de Hong-yeon et Congju, Song Aram chronique cette amitié mouvementée entre deux femmes qui se débrouillent tant bien que mal dans une société qui leur est souvent hostile.

Editions Ca et Là, 2018, 167 pages

Nous avons fait de notre mieux -Thi Bui
♥♥♥♥(♥)

Je suis donc rester en Asie en attaquant cet énorme roman graphique (336 pages) et j’ai beaucoup aimé ! Je l’ai dévoré en une seule session (environ 1h10 de lecture). Viet Than Nguyen, Prix Pulitzer 2016 avait mentionné ce formidable roman biographique, intimiste. Celui d’une femme qui accouche de son premier enfant. Tan vit aux Etats-Unis. Elle a quitté New York avec son époux pour se rapprocher de ses parents âgés, installés en Californie. Pourtant, la jeune femme n’a jamais été proches d’eux. Tan, ses soeurs et son frère sont Vietnamiens. Leurs parents ont fui le pays en 1978. Ils se sont installés à Chicago puis en Californie avant de se séparer vingt ans après. Une enfance marquée par l’instabilité du couple, l’absence de la mère qui travaille, et le père, dépressif qui surveille les derniers en journée, leur racontant des histoires effrayantes. La jeune femme veut comprendre ce qui leur est arrivé mais il va falloir leur arracher la vérité.

Un récit puissant, qui raconte toute l’histoire du Vietnam, un pays que j’ai parcouru du Sud au Nord et qui me passionne. Ancienne colonie française, les Vietnamiens vont connaître plusieurs invasions, chinoises, françaises, japonaises, américaines et puis ce communisme qui n’aime pas les professions intellectuelles (ils étaient professeurs). Une vision qui peut déranger l’image gentillette que l’on garde parfois de la présence française dans ce pays. Et puis, en fond, la recherche tout simplement d’amour de cette jeune femme qui a peur de ne pas être une mère à la hauteur.

Editions  Hachette Comics, trad. Laure Picard-Philippon, 2018, 336 pages

 

Les visés – Thomas Gosselin et Nani Giacomo
♥♥

C’est par hasard que j’ai choisi cette lecture, et j’avoue que j’ai ensuite un peu regretté mon choix. Je me suis trouvée un peu mal à l’aise lorsque j’ai compris que le personnage principal, narrateur, était un véritable tueur en série ayant sévi aux USA dans les années 60. J’ai ensuite été sur Wikipedia pour vérifier et j’en ai appris un peu plus et j’ai aussi été déçue de voir que les dessinateurs avaient choisi de modifier la réalité, une partie de ses actes. Charles Whitman était un homme instable, viré de l’armée, marié jeune et dont la femme était enceinte. Il était très perturbé et avait une relation très compliquée avec sa mère. Très vite, on réalise que l’homme souffre de problèmes mentaux et qu’il est obsédé par les armes. Il décide, comme un thérapeute lui avait conseillé, d’écrire ce qui le ronge dans des carnets intimes, mais un jour, l’un d’eux disparaît. Il y confiait ses envies de tuerie en masse.

Charles Whitman a mis à exécution ses obsessions et a fait plusieurs victimes. Le côté intéressant, si on arrive à mettre de côté tout l’aspect macabre, est la découverte, lors de son autopsie, d’une énorme masse cancéreuse située dans son cerveau. A l”époque, les médecins avaient jugé qu’il ne lui restait que quelques mois à vivre et de nos jours, on pense que cela a pu provoquer cette déviance mentale. Le dessin, en pointillés,  ne m’a pas particulièrement séduite, je l’ai trouvé un peu trop simpliste par rapport à la violence du récit. Je n’ai pas compris pourquoi les auteurs ont choisi de modifier la manière dont il a assassiné ses proches ? Je ne dirais pas comment mais dans la BD, il utilise une arme de poing, or malheureusement les victimes (ses proches) ont nettement plus souffert et ont le temps de réaliser ce qui allait leur arriver. Voulait-il minimiser ses actes ?

Editions Cambourakis, 2018, 112 pages

Et pourquoi pas

8 commentaires

Fanny 10 janvier 2020 - 10 h 52 min

Tu me fais découvrir 3 bd que je ne connaissais pas 🙂
Je suis beaucoup plus attirée par la deuxième!

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Electra 10 janvier 2020 - 19 h 35 min

Te connaissant elle te plaira 😊

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krol 11 janvier 2020 - 20 h 40 min

Pareil je ne connais aucune des trois ! La seconde m’attire aussi beaucoup. Pas très original tout ça.

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Electra 12 janvier 2020 - 17 h 35 min

La deuxième est excellente ! Tu ne regretteras pas

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Marie-Claude 12 janvier 2020 - 17 h 48 min

Tu as passé du bon temps, surtout avec la deuxième bd. Tu m’expliques pourquoi le dernier coeur est entre ()?

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Electra 12 janvier 2020 - 18 h 15 min

Parce que même si j’ai adoré ma lecture, je ne suis pas restée “en dedans” des jours après. Je n’ai pas eu le coup de coeur énorme comme pour Les Ogres-Dieux par exemple .. Mais je conseille néanmoins fortement ce roman car il raconte vraiment toute l’histoire de ce pays et l’exil – qui est tout sauf un choix … En plus, celle qui raconte, Tan, est très moderne avec un regard parfois très dur envers ses parents – j’aime le fait qu’elle ne fasse de son histoire pas une histoire héroïque ou sensationnelle. C’est très bien écrit.

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Jerome 14 janvier 2020 - 12 h 48 min

Je n’en ai lu aucun mais je note et surligne le deuxième !

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Electra 14 janvier 2020 - 18 h 38 min

Oui ! Fonce ! Il est magnifique

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