Une pause BD, ça vous tente ?

par Electra

Retrouvailles avec Les Ogres-Dieux …et avec d’autres ogres, bien moins sympathiques ! Et enfin, un roman sur l’enfance perdue. Trois lectures que je vous offre ! Serez-vous tenté ?

 

Les Ogres-Dieux : Le Grand Homme (#3) – Hubert et Bertrand Gatignol

J’ignore si je l’ai dit suffisamment fort mais j’adore cette saga ! Mes goûts sont finalement éclectiques, puisque mes préférés sont finalement, très différents. Ici, l’histoire et le dessin m’ont totalement séduits. Je ne peux pas l’expliquer, mais l’esthétique est travaillée et il y a une finesse, une intelligence et l’histoire passionnante. Une métaphore sur l’homme et son “ogre”. Je n’avais rien lu sur ce dernier opus, du coup j’ignorais que nous quittions les Ogres (et surtout Petit) pour nous intéressé à un humain, L’Ours (devenu Lours).

L’homme, coutelier itinérant, est à la tête d’un groupe de résistants. Il est recherché et mène une vie solitaire. Il ne s’avoue jamais vaincu et cache ses origines. Il a en effet quitté un clan craint et souvent vu comme maudit. Les hommes de la Montagne. Lours voit sa vie de nouveau bouleversée lors de la chute de la dynastie des Ogres. L’homme est soudainement forcé de faire face à son passé et doit mener son dernier combat.

Les auteurs nous offrent un récit gothique, épique et qui raconte, via un nouvel, la dynastie des Ogres, et Petit est bien là ! Une lecture de nouveau passionnante. Si j’ai eu un peur au début, tous mes doutes ont été rapidement balayés. Bref, pas d’avis objectif ici.

EDIT : j’ai appris hier le décès de Hubert – dessinateur et illustrateur de génie qui a participé à cette formidable saga. Un grand merci à lui pour tout son talent ! 

Editions Soleil, 2018, 188 pages

 

Voix de la nuit – Ulli Lust et Marcel Beyer
♥♥♥

Ce roman graphique est une adaptation par Ulli Lust du roman éponyme de Marcel Beyer, paru en 1997. Je l’ai trouvé par hasard à la BM et j’ai lu (un peu trop vite), la quatrième page. Du coup, j’avoue que ma lecture fut quelque peu .. déroutante ! Mais je ne regrette pas ma lecture, même si le sujet reste difficile. Hermann Karnau est un jeune acousticien, responsable de la sonorisation des meetings politiques nazis au début des années 40. Mais Hermann va plus loin, porté par la politique nazie qui encourage les expérimentations scientifiques, de toutes sortes. Fasciné par les mystères de la voix humaine, il enregistre des centaines de voix mais va plus loin en procédant à des expérimentations sur les cordes vocales pour le compte du IIIe Reich. Je vous laisse deviner qui sont les cobayes …  Son discours l’amène à fréquenter Goebbels, le sinistre ministre de la propagande nazie, bras droit de Hitler.

Ce dernier est aussi le père de six enfants, dont l’aînée, Helga, est très attachée à lui. La jeune adolescente vit au début une vie rêvée, entre ses trois maisons, ses domestiques et la position de son père dans la hiérarchie nazie. Elle fréquente Hitler et les autres chefs nazis sans jamais remettre en question la politique familiale. Mais peu à peu, leur situation se dégrade. la guerre, au début un concept, se rapproche et bientôt les bombardements les forcent à quitter leur mode de vie douillet pour rejoindre les bunker. Elle va y retrouver Hermann dans les derniers jours de la vie du Führer.

Un système abject, des expérimentations à faire vomir .. et puis ces enfants – les enfants d’un monstre. Sont-ils coupables ? Non, pourtant il m’a été difficile d’être touchée par leur sort (aucun regret pour Hermann) , leur mère m’a un peu plus émue pendant un temps, mais je n’avais de cesse de penser aux millions de victimes, à Anne Frank, décédée à la même époque, à Simone Veil ..qui perdait sa mère. Alors, oui ces enfants ne méritaient pas le sort qui leur a été réservé (et qui prouve une nouvelle fois la folie de ces hommes) mais j’ai lu ce roman graphique plus emplie de dégoût que d’émotions. Suis-je claire ? Une expérience de lecture inédite. Je vous le conseille !

Editions Ça et La, Flughunde, trad. François Mathieu, 2014, 363 pages

 

Le dernier des étés – Alfonso Casas

Dani doit se marier, mais le jeune homme est pétri de doutes. Sur un coup de tête, il part rejoindre, sous prétexte d’un projet photographique, la ville côtière espagnole où il passait tous ses étés enfant. Un lieu où il n’a pas mis les pieds depuis vingt ans. Et très vite, le jeune homme est assailli de souvenirs. Un voyage intérieur pour cet homme qui n’a de cesse de se demander “Et si...”. Dani s’était fait un meilleur ami. Ce dernier était malmené par les autres enfants le restant de l’année, et la venue de Dani était sa bouée de sauvetage chaque été. Mais les enfants deviennent des adolescents et les filles viennent s’en mêler…

Un très joli récit sur l’amitié adolescente, sur la vie en générale. Une histoire émouvante avec une tendresse particulière, et un procédé graphique inédit avec l’utilisation de ces calques (pour rappeler l’avant et l’après à travers le récit photographique du héros). En écrivant ces mots, je retrouve cette sensation de tendresse même si le livre n’est pas un énorme coup de coeur.  Je vous le conseille fortement !

Editions Paquet, 2019, 152 pages

14 commentaires
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Et pourquoi pas

14 commentaires

Fanny 14 février 2020 - 14 h 53 min

Je viens de réserver le tome 1 des Ogres-Dieux 🙂

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Electra 14 février 2020 - 17 h 44 min

Excellente nouvelle!

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krol 15 février 2020 - 11 h 07 min

Il faudrait que j’emprunte Les ogres-dieux !

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Electra 16 février 2020 - 17 h 18 min

Absolument !

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Marie-Claude 17 février 2020 - 4 h 11 min

Elle me tente beaucoup, cette “Voix de la nuit”, en plus de “La voiture d’Intisar”, moins la suite la fille au nez pointu!

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Electra 17 février 2020 - 10 h 10 min

oui elle est bien tordue cette voix de la nuit, et je sais que tu adores ce genre d’histoires … oui lis la voiture d’Intisar.. et attends mon avis pour la suite LOL

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Marie-Claude 18 février 2020 - 1 h 53 min

Tu reprends donc la suite? Vaillante fille!

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Electra 18 février 2020 - 7 h 00 min

Oui cette semaine sans faute ! Tu auras droit à mon avis éclairé 😂

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Mes échappées livresques 17 février 2020 - 9 h 59 min

Je retiens Le dernier des étés pour la biblio que je ne connaissais pas

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Electra 17 février 2020 - 10 h 10 min

Un joli récit, empreint de nostalgie et le système des calques est vraiment inédit !

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Jérôme 22 février 2020 - 17 h 54 min

Je n’arrive pas à me remettre du décès d’Hubert. Il a signé tellement d’albums incroyables (Les ogres-Dieux bien sûr mais aussi l’incroyable série Beauté).

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Electra 22 février 2020 - 19 h 37 min

Oui et il était jeune ! Je suis tombée des nues. Snif.

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noukette 4 mars 2020 - 19 h 16 min

J’ai bien l’intention de lire les Ogres-Dieux… magnifique !

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Electra 4 mars 2020 - 21 h 33 min

Oui 👍

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