Une pause BD, ça vous tente ?

par Electra

Les temps ne sont pas vraiment propices à la lecture. Je n’avais pas réalisé que tout allait fermer quand je suis passée rapporter mes livres à la bibli. En voyant le monde, j’ai saisi deux ou trois BD, j’en avais déjà trois chez moi. Je suis contente de l’avoir fait. Même si évidemment, on est très loin des 12 empruntées par mois en temps normal.

J’ai décidé de faire durer un peu le suspense en vous présentant 3 BD cette semaine. Je pense publier un autre billet dans quinze jours…. Maigre butin, peut-être vous vais-je vous vous reparler de mes BD préférées dans un autre billet ? Et je garde mon gros coup de coeur pour le prochain.

 

True Stories – Derf Backderf
♥♥♥♥

J’ai découvert cet auteur en lisant Mon ami Dahmer où l’auteur racontait son adolescence à Cleveland, Ohio, et son amitié avec un adolescent devenu l’un des plus grands tueurs en série. J’ai ensuite dévoré Trashed que j’ai beaucoup aimé (sur ses jobs d’été dont celui d’éboueur), qui Punk Rock & Mobil Home où il raconte sa passion pour la musique.  True Stories est un recueil de planches publiées dans la presse pendant une dizaine d’années. Et là, je retrouve le même regard bien cynique sur l’Amérique. Je n’ai pas résisté à envoyer quelques planches en photo à ma soeur qui vit là-bas. J’ai aussi vécu aux USA et malheureusement son regard est toujours autant d’actualité. Le consumérisme, l’individualisme, l’hypocrisie .. Tout y passe, le rêve américain perd de son charme.

L’auteur déclare qu’il s’est inspiré de faits réels pour écrire ses planches et ça fait bien peur. Quelques personnages récurrents qui vivaient dans son quartier mais dans l’ensemble un regard sur cette société aujourd’hui face à ses contradictions avec le coronavirus.  Un très bon moment de lecture (lu avant).

« Oui, tout ce qui est dans ce livre est réellement arrivé. J’ai été personnellement témoin de la plupart de mes True Stories. Les autres m’ont été rapportées par des amis en lesquels j’ai confiance. Devoir réaliser un strip chaque semaine ne me manque pas vraiment. Ce qui me manque, c’est de me balader dans les rues de la ville à la recherche de gens bizarres. Ça a toujours été ce qui me plaisait le plus dans ce boulot »

Editions Ça et Là, trad. Philippe Touboul, 2019, 200 pages

 

Nymphéas Noirs – Fred Duval & Michel Bussi & Didier Cassegrain
♥♥(♥)

Je ne lis pas les romans de Michel Bussi, mais tout le monde m’avait dit du bien de l’adaptation graphique de son roman. Du coup, en le voyant à la bibli, je n’ai pas hésité. Je vous laisse la présentation de l’éditeur car mieux vaut ne pas trop en dire :

Dans le village de Giverny, où Claude Monet peint quelques-unes de ses plus belles toiles, la quiétude est brusquement troublée par un meurtre inexpliqué. Tandis qu’un enquêteur est envoyé sur place pour résoudre l’affaire, trois femmes croisent son parcours. Mais qui, de la fillette passionnée de peinture, de la séduisante institutrice ou de la vieille dame calfeutrée chez elle pour espionner ses voisins, en sait le plus sur ce crime ? D’autant qu’une rumeur court selon laquelle des tableaux d’une immense valeur, au nombre desquels les fameux Nymphéas noirs, auraient été dérobés ou bien perdus.

Que dire ? Le dessin m’a plu, mais sans véritable coup de coeur, l’histoire oui et non. J’ai trouvé effectivement ma lecture un peu hasardeuse jusqu’au final, qui effectivement surprend. J’ai aimé être surprise mais j’ai regretté ce sentiment de flou lors de ma lecture. J’imagine bien que dans sa forme romanesque, cela devait être peut-être encore plus fort. Car la ressemblance physique de deux personnages m’avait quand même un peu mis la puce à l’oreille (sans trouver cependant l’explication). Un bon moment de lecture mais que j’ai oublié et écrire ces mots me le prouvent.

Editions Dupuis, 2019, 144 pages

 

La Princesse de Clèves – Madame Lafayette – Catel & Claire Bouilhac

Les histoires d’amour et moi ça fait deux, sauf si derrière la plume se cache Jane Austen ou Kent Haruf. J’avoue : je ne connaissais pas ce classique de la littérature française, alors quand j’ai vu l’adaptation graphique, je me suis dit que cela serait un bon moyen de connaître enfin l’histoire. Je ne peux pas m’empêcher de vous glisser la présentation et de vous dire ensuite un mot :

Écrit en 1678 par Madame de La Fayette, “La Princesse de Clèves” est un roman fondateur. La jeune Mademoiselle de Chartres y fait ses premiers pas dans la cour du roi de France, Henri II. Entre cabales, médisances et galanteries, elle rencontre l’amour dans un univers pétri de conventions. En retournant à son avantage les idéaux féminins stéréotypés de l’époque (la solitude, le silence, le secret, la retenue, la décence et la discrétion), la princesse expose une forme de féminisme inédit, basé sur l’estime de soi où la raison triomphe de la passion.

Si effectivement, on découvre ici l’histoire de la Princesse qui fit ses premiers pas à la cour du roi de France, l’idée même que ce roman se révèle extrêmement féministe me laisse coi.. Non, il ne l’est absolument pas ! Nous sommes au 17ème siècle et l’époque montre la position des femmes telle qu’elle était. Le mariage, l’obéissance, la disgrâce si une femme trompait (alors que son mari pouvait collectionner les maîtresses), etc. La Princesse ne fait rien de féministe en tombant amoureuse d’un autre homme et en se laissant mourir après que son mari soit mort de chagrin ! Une féministe aurait claqué la porte et fuit avec son amant ! J’ai trouvé l’histoire pleine de guimauve et insipide. Je me suis ennuyée à mourir. Une gamine de huit ans aurait peut-être pu aimer ?

Pour la partie graphique, le dessin a renforcé le côté histoire à l’eau de rose, j’ai imaginé que l’auteur était l’ancêtre de Barbara Cartland ! Rien d’original. J’ai fini le livre en me forçant. Bref, je ne regrette donc pas de ne pas avoir acheté le livre ou vu le film.

Editions Dargaud, 2019, 216 pages

Et pourquoi pas

2 commentaires

Mes échappées livresques 14 avril 2020 - 11 h 39 min

Décidément, La princesse de Clèves ne séduit pas grand monde… je pense faire l’impasse. Quant à l’adaptation du roman de Bussi que je n’ai pas lu non plus, j’ai de mon côté adoré aussi bien les graphismes que l’intrigue que j’ai trouvé très bien ficelée.

Electra 14 avril 2020 - 19 h 36 min

Non, hélas .. disons que je sais d’où vient le terme mièvrerie … L’intrigue de Bussi m’a plu mais il m’est quand même resté un sentiment de brouillon.

Les commentaires sont fermés