The Sundial · Shirley Jackson

par Electra
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J’ai déjà lu Shirley Jackson (The Lottery and We have always lived in the Castle) mais je n’avais pas continué la découverte de ses oeuvres. Une booktubeuse américaine m’a redonné envie de lire tous ses autres romans. J’ai choisi The Sundial car elle l’avait adoré. Et je comprends pourquoi.

Mrs Orianna Halloran vient d’enterrer son fils, Lionel. Elle hérite de l’immense demeure, où ils vivent tous déjà. La demeure domine le village. Les Halloran sont connus de tous et emploient beaucoup de domestiques et font vivre les commerces locaux. La famille est la plus riche de la région. Sa belle-fille n’est guère ravie de ce testament. Sa petite-fille semble n’avoir qu’une envie : s’amuser. Mais lorsque le père de Lionel vient parler à sa soeur, Aunt Fanny, d’entre les morts, leur vie prend une tournure différente. Ce dernier annonce à la tante Fanny, vieille fille qui vit aussi à la demeure au grand dam d’Orianna, que la fin du monde est proche et surtout que seuls les occupants de la maison seront sauvés.

Those who survive this catastrophe will be free of pain and hurt. They will be .. a kind of chosen people, as it were.

Leur première réaction est l’étonnement, ils doutent des paroles de la Tante Fanny mais celle-ci est sûre d’elle. Et lorsque que l’une des jeunes femmes résidant aussi à la maison confirme les paroles de la tante. Mrs Halloran décide alors de prendre les choses en main et d’organiser au mieux le changement qui les attend. Les invités, présent à la maison, doivent faire le choix : partir ou rester. Les plus jeunes souhaitent rejoindre Londres …. Mrs Halloran confie des taches à chacun. Il faut se procurer le maximum de choses sans éveiller les soupçons. Et quoi de mieux que d’organiser une grande fête la veille de l’apocalypse ? et avoir ainsi une raison pour renvoyer tous les employés chez eux….

Let us not forget that your origins are low (Aunt Fanny said to Orianna Halloran). There are areas of refinement not possible to one of your background. One area of refinement. If you will permit me to put a name at it – the supernormal. There you must allow me superiority.

Les deux femmes ne s’entendent pas et lorsque la Tante Fanny prend la parole, Orianna qui a toujours traité avec dédain sa belle-soeur, trouve son discours « trop travaillé ». La réponse de Fanny (ci-dessus) ne se fait pas attendre… Les ressentiments, les jalousies viennent se mêler à leur organisation. Pourquoi Orianna est-elle leur commandant ? Cette dernière s’octroie ce titre et souhaite même porter une couronne …Et le doute perpétuel, cela va-t-il vraiment arriver ? Ou ne sont-ils pas tous entraînés dans une crise de folie passagère de leur tante ? Le mystère s’épaissit. Et j’ai adoré ! Le rythme est plus lent, Shirley Jackson avait déjà réussi avec The Lottery à démontrer toute l’avidité qui dévore les habitants d’une ville. Et avec cette fin du monde, elle réussit à nouveau à nous mener en bateau. On ignore jusqu’au bout et surtout elle offre un final qui m’a beaucoup plu.

One thing I know – nothing like that happens in my lifetime. I mean (..) I’m so special, the world is going to end while I’m around ?

Car oui, leurs comportements changent et évoluent depuis qu’ils font face à ce choix. Et Shirley Jackson montre à quel point l’humain peut dévoiler une nouvelle facette lorsqu’il est en danger. Leurs vrais visage se révèlent et c’est excitant.

Certains diront que le temps a passé et qu’on ressent cela. Le roman a été publié en 1958, ne l’oublions pas. Et je le trouve pourtant très moderne. Je n’ai pas ressenti pour ma part de décalage. Les sentiments humains traversent les époques. La seule chose est peut-être son classement dans le genre « horreur ». Je n’ai absolument pas eu peur. J’avais très envie de connaître la fin et j’ai adoré l’atmosphère gothique. Je dois avouer que la majorité des films d’horreur ne me font ni chaud ni froid, je me suis endormie 5 fois au cinéma en allant voir un film d’horreur ..  Les romans de Shirley Jackson jouent plus sur le pressenti que sur le ressenti. Donc n’ayez crainte !

♥♥♥

Penguin Editions, 2014 (1958), 222 pages

Photo de Peter Herrmannsur Unsplash

Et pourquoi pas

3 commentaires

Fanja 23 octobre 2026 - 23 h 13 min

Atmosphère gothique, horreur (même si tu réfutes cette catégorie), voilà une lecture de saison avec Halloween qui se rapproche.:) Ce n’est pas trop mon genre de lecture, mais ça donne des idées.

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Athalie 24 octobre 2026 - 9 h 25 min

« Nous avons toujours vécu au château » est un roman que j’avais adoré et qui m’avait réconciliée avec le genre gothique. Le titre que tu chroniques semble être dans la même veine. Je le note.

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Ingannmic 24 octobre 2026 - 12 h 28 min

Comme toi j’ai lu « La loterie… », ainsi que le titre qu’évoque Athalie, et que j’ai beaucoup aimé aussi. J’ai même cru en commençant à lire ton billet, qu’il s’agissait de celui-là, tant le point de départ de l’intrigue s’en rapproche.

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